Le prix des billets d’avion entre les territoires ultramarins et l’Hexagone est au cœur d’un rapport parlementaire qui doit être officiellement remis ce jeudi 24 septembre 2026 à la ministre des Outre-mer.
Chargé d’une mission sur l’évolution des tarifs aériens, le député martiniquais Jiovanny William indique avoir mené six mois d’auditions et de consultations avant d’établir son diagnostic. Selon les éléments communiqués par son cabinet, le prix des billets aurait augmenté de 45 % depuis 2019.
La continuité territoriale pointée du doigt
Parmi les constats avancés dans le rapport figure la différence entre les moyens consacrés à la continuité territoriale de la Corse et ceux destinés aux territoires ultramarins.
Selon les chiffres présentés par le député, l’État consacre 187 millions d’euros par an à la continuité territoriale de la Corse, pour environ 360 000 habitants. Les aides à la mobilité gérées par LADOM représenteraient de leur côté 67 millions d’euros pour 2,8 millions d’habitants des Outre-mer.
Cette comparaison constitue l’un des arguments utilisés par Jiovanny William pour demander une évolution du dispositif de continuité territoriale.
Le poids des taxes sur les billets d’avion
La fiscalité constitue un autre axe majeur du rapport. Entre 2022 et 2026, la taxe sur le transport aérien de passagers aurait progressé de 37 % dans les DROM, selon les données avancées dans le document.
Le rapport prend notamment l’exemple d’un aller-retour entre la Guadeloupe et la Martinique vendu 199 euros. Sur cette somme, 90 euros correspondraient aux taxes et redevances, soit environ 45 % du prix du billet.
Dans une interview publiée à quelques jours de la remise de son rapport, Jiovanny William a également indiqué vouloir agir à court terme sur la fiscalité appliquée au transport aérien ultramarin.
La tarification dynamique également dans le viseur
Le rapport s’intéresse aussi au « yield management », le système de tarification dynamique utilisé par les compagnies aériennes pour faire évoluer les prix en fonction notamment de la demande et du remplissage des appareils.
Selon le document, ce mécanisme peut entraîner des augmentations allant jusqu’à 72 % lorsque la demande devient importante.
Une situation particulièrement problématique, selon le député, pour les voyageurs contraints de réserver au dernier moment en raison d’un décès, d’une hospitalisation ou d’une autre urgence familiale, mais également durant les périodes de vacances scolaires.
Des sièges à prix réduit réservés toute l’année
Face à ces constats, Jiovanny William présente une feuille de route comprenant 14 recommandations.
L’une des principales propositions consiste à modifier les cahiers des charges des obligations de service public afin de réserver, sur chaque vol concerné, un quota de sièges au tarif plancher de basse saison pour les bénéficiaires de LADOM, et ce tout au long de l’année.
Le député souhaite également un encadrement des majorations algorithmiques de dernière minute dans certaines situations d’urgence familiale, sous le contrôle de la DGCCRF.
Une baisse de la fiscalité envisagée dès le budget 2027
Autre proposition : profiter du projet de loi de finances pour 2027 pour diminuer la taxe de solidarité appliquée aux liaisons ultramarines.
Le rapport propose également d’élargir les aides à la mobilité aux classes moyennes qui ne peuvent actuellement pas bénéficier de certains dispositifs. Les parents dont les enfants poursuivent leurs études dans l’Hexagone sont notamment cités.
Davantage de transparence demandée aux compagnies aériennes
Le député soulève enfin la question de la transparence économique des dessertes ultramarines. Son communiqué affirme que les compagnies aériennes auditionnées ont régulièrement invoqué le secret des affaires lorsqu’elles étaient sollicitées sur leurs comptes d’exploitation détaillés.
Parmi les recommandations figure donc la possibilité de lever, par la loi, le secret des affaires concernant ces dessertes. Jiovanny William propose également de conditionner certaines aides publiques et mesures de défiscalisation accordées aux flottes à des engagements de modération tarifaire, avec un contrôle assuré sur plusieurs années par l’Autorité de régulation des transports.
Ces propositions doivent désormais être examinées par l’exécutif. Certaines pourraient passer par des mesures réglementaires, tandis que d’autres nécessiteraient une intervention législative ou budgétaire.
Le rapport doit être officiellement remis à la ministre des Outre-mer ce jeudi 24 septembre. Jiovanny William doit également en présenter les conclusions lors d’une réunion publique organisée le même jour à 18 heures à l’Hôtel de Ville de Paris, avant plusieurs restitutions annoncées dans les communes de Martinique.

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