Regarder une série sur Netflix, visionner des vidéos sur YouTube, télécharger un jeu vidéo ou utiliser un service de stockage en ligne pourrait bientôt coûter plus cher. C’est l’une des conséquences possibles d’un amendement adopté ce vendredi 30 octobre 2026 à l’Assemblée nationale, dans le cadre des discussions sur le budget 2027.

Portée par le député socialiste Laurent Lhardit et cosignée notamment par François Hollande, Olivier Faure et Boris Vallaud, cette mesure prévoit de taxer les données numériques transmises aux internautes à hauteur de 5,5 centimes par gigaoctet.

L’objectif des députés à l’origine de cette proposition est de générer de nouvelles recettes fiscales, estimées à 10 milliards d’euros par an.

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Netflix, Disney+, YouTube et les jeux vidéo concernés ?

Cette taxe ne serait pas directement facturée aux internautes. Elle viserait les entreprises qui fournissent des contenus et des services numériques.

Toutefois, ces dernières pourraient décider de répercuter cette charge supplémentaire sur les consommateurs, notamment à travers une augmentation de leurs tarifs.

Les conséquences pourraient concerner plusieurs secteurs :

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  • Les plateformes de streaming comme Netflix, Disney+ et YouTube Premium, avec une possible augmentation des abonnements.

  • Les jeux vidéo dématérialisés, dont les téléchargements nécessitent parfois plusieurs dizaines, voire centaines de gigaoctets.

  • Les services de stockage en ligne, également appelés cloud.

  • Les entreprises utilisant la publicité numérique, qui pourraient voir certains coûts augmenter.

Autre conséquence envisagée : certains fournisseurs pourraient chercher à réduire les volumes de données transmis, notamment en adaptant la qualité des vidéos proposées.

Pour mieux comprendre, le téléchargement d’un jeu vidéo de 200 Go représenterait théoriquement 11 euros de taxe pour son fournisseur, avant application des plafonds éventuellement prévus.

Il ne s’agit toutefois pas d’une augmentation automatique de 11 euros du prix du jeu pour le consommateur.

Un vote particulièrement serré à l’Assemblée nationale

L’amendement a été adopté avec une très faible majorité : 11 voix pour, 10 contre et 14 abstentions.

Parmi les députés ayant voté en faveur de cette mesure figurent cinq élus socialistes, deux députés de La France insoumise, deux écologistes et deux membres du groupe Gauche démocrate et républicaine.

De leur côté, les dix députés du Rassemblement national présents lors du scrutin se sont abstenus.

Les représentants présents des groupes Ensemble pour la République, Droite républicaine et Les Démocrates ont voté contre.

La taxe n’est pas encore applicable

Malgré son adoption à l’Assemblée nationale, cette nouvelle taxe sur les données Internet n’est pas encore entrée en vigueur.

Elle doit encore franchir plusieurs étapes parlementaires avant de pouvoir être intégrée définitivement à la loi de finances pour 2027.

Le dispositif pourrait donc être modifié, voire supprimé, au cours des prochaines discussions budgétaires.

Pour les consommateurs, y compris en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane, aucune augmentation des tarifs n’est donc actée à ce stade.

Il faudra attendre l’issue de la procédure législative pour savoir si cette taxe sera effectivement appliquée et quelles pourraient être ses conséquences sur les prix des services numériques.