Les chiffres donnent le vertige. Entre juillet et septembre 2026, TotalEnergies a réalisé un bénéfice net de 8,3 milliards de dollars, contre 3,7 milliards sur la même période en 2025.
Cette progression spectaculaire intervient dans un contexte énergétique particulièrement tendu. Les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient ont fortement perturbé les marchés pétroliers, entraînant une augmentation des cours des hydrocarbures et des marges de raffinage.
Le groupe français a notamment bénéficié de conditions particulièrement favorables dans ses activités de raffinage, de production de pétrole et de commercialisation de gaz naturel liquéfié.
Son chiffre d’affaires a également progressé, atteignant près de 61,9 milliards de dollars sur le trimestre.
En Martinique, les automobilistes paient leur carburant toujours plus cher
Ces résultats financiers contrastent avec la situation des consommateurs, confrontés depuis plusieurs mois à une augmentation importante de leurs dépenses de carburant.
En Martinique, les prix maximums à la pompe ont connu une nouvelle hausse au 1er octobre 2026. Le litre de sans-plomb est passé de 1,90 à 2,10 euros, soit 20 centimes supplémentaires. Le gazole a, quant à lui, atteint 2,27 euros le litre, après une augmentation de 19 centimes.

Pour un automobiliste effectuant un plein de 50 litres, cette hausse représente jusqu’à 10 euros supplémentaires pour l’essence et 9,50 euros pour le gazole, par rapport au mois précédent.
Une situation qui pèse directement sur le budget des ménages, particulièrement dans un territoire où la voiture demeure indispensable pour de nombreux déplacements quotidiens.
Une même crise énergétique, deux réalités économiques
L’évolution des prix du pétrole produit des conséquences différentes selon les acteurs économiques.
Pour les consommateurs, la hausse des cours internationaux se traduit par un renchérissement des déplacements et des dépenses quotidiennes. Pour les grandes compagnies pétrolières, ces mêmes tensions peuvent constituer une source de revenus supplémentaires, notamment lorsque les marges de raffinage augmentent.
Il convient toutefois de distinguer les bénéfices mondiaux de TotalEnergies des prix pratiqués localement. En Martinique, les tarifs maximums des carburants sont fixés chaque mois par arrêté préfectoral, selon une structure réglementée qui intègre notamment les coûts d’approvisionnement, de raffinage, de transport et les taxes.
Les bénéfices annoncés par TotalEnergies ne signifient donc pas que l’entreprise réalise directement ces profits sur les ventes de carburants en Martinique.
Des résultats qui relancent le débat sur les profits pétroliers
Avec un bénéfice net de 8,3 milliards de dollars en seulement trois mois, TotalEnergies confirme sa capacité à tirer parti d’un marché mondial de l’énergie particulièrement instable.
Le groupe prévoit également de poursuivre ses rachats d’actions, avec 2,5 milliards de dollars programmés au quatrième trimestre 2026 et un montant équivalent au premier trimestre 2027.
Ces annonces interviennent alors que le pouvoir d’achat et les prix des carburants demeurent des préoccupations majeures pour les ménages.
Elles pourraient ainsi relancer les discussions sur la répartition des profits réalisés par les grandes entreprises énergétiques, dans un contexte où les consommateurs continuent de supporter les conséquences financières des crises internationales.

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