La Direction de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DEETS) de Martinique traverse une période particulièrement difficile. Une inspectrice du travail a mis fin à ses jours à son domicile, à la fin de la semaine dernière.
Cette disparition a profondément marqué ses collègues et conduit l’organisation syndicale Force ouvrière à prendre publiquement la parole.
Selon le syndicat, la fonctionnaire aurait laissé un courrier électronique programmé avant son décès. Dans ce message, elle aurait décrit une situation professionnelle devenue particulièrement éprouvante et mis en cause plusieurs personnes de son environnement de travail.
Le contenu de ce courrier constitue aujourd’hui un élément important pour comprendre le contexte dans lequel ce drame est survenu. Les accusations rapportées par FO restent néanmoins à vérifier et ne permettent pas, à ce stade, d’établir les responsabilités.
Un autre agent aurait également tenté de mettre fin à ses jours
Les inquiétudes ne concernent pas uniquement cette disparition.
Lors d’une réunion organisée lundi 26 octobre 2026, les représentants du personnel auraient été informés qu’un autre agent du même service avait déclaré avoir tenté de se suicider le 7 octobre.

D’après Force ouvrière, ce fonctionnaire avait auparavant fait part de difficultés liées à son activité professionnelle.
Ces deux situations, survenues à quelques semaines d’intervalle, conduisent le syndicat à réclamer un examen approfondi de l’organisation du travail, des relations professionnelles et des dispositifs de prévention existants.
FO demande notamment que des mesures de protection soient rapidement prises pour les personnels et que les personnes mises en cause soient provisoirement écartées de leurs fonctions pendant les investigations.
Des investigations judiciaires et administratives annoncées
Les autorités ont confirmé leur volonté de faire la lumière sur les circonstances de cette disparition.
Deux enquêtes distinctes doivent être engagées. La première, judiciaire, sera placée sous la responsabilité du procureur de la République de Fort-de-France. La seconde, administrative, sera conduite sous l’autorité du ministère des Affaires sociales.
En parallèle, un dispositif d’accompagnement psychologique a été activé dès lundi pour les personnels de la DEETS.
Une réunion extraordinaire du comité social d’administration est également prévue ce jeudi 29 octobre 2026. Elle devra notamment permettre d’examiner les mesures destinées à prévenir les risques psychosociaux au sein de l’établissement.
Le préfet de Martinique a, de son côté, exprimé son soutien aux agents touchés par ce drame. Il attend les premiers résultats des investigations avant de s’exprimer davantage sur les circonstances du décès.
La prévention de la souffrance au travail au cœur des préoccupations
Cette affaire soulève une question particulièrement sensible : celle de la protection de la santé mentale des agents au sein même d’une administration chargée de veiller au respect des droits des travailleurs.
Pour Force ouvrière, il est désormais indispensable de déterminer si les alertes éventuellement formulées en interne ont été suffisamment prises en compte et si des mesures adaptées auraient pu être déployées.
Les investigations devront établir les faits, examiner les accusations formulées et déterminer si des manquements ont été commis.
À ce stade, aucun lien de causalité entre les conditions de travail et le décès n’a été judiciairement établi.

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