Santé publique France a publié, le 10 août 2026, son bilan 2025 de la surveillance de la leptospirose aux Antilles. En Martinique, 69 cas ont été rapportés à l’ARS au cours de l’année, dont 39 cas confirmés par PCR et 30 cas considérés comme probables. Le taux d’incidence est estimé à 19 cas pour 100 000 habitants.

Le nombre de cas déclarés à l’ARS est ainsi en nette progression par rapport à 2024 : 30 cas supplémentaires ont été recensés, passant de 39 à 69 en un an. Santé publique France précise toutefois que cette hausse pourrait notamment être liée à une communication renforcée auprès des professionnels de santé et des laboratoires martiniquais autour de la déclaration obligatoire de la maladie.

Les hommes et les 60-69 ans particulièrement concernés

Parmi les 69 personnes recensées, 47 étaient des hommes et 22 des femmes. Les hommes ont donc été 2,1 fois plus concernés que les femmes.

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L’âge moyen des personnes touchées était de 48 ans. Le patient le plus jeune avait 4 ans et le plus âgé 82 ans. Les 60 à 69 ans représentaient la tranche d’âge la plus touchée, avec 30,4 % des cas recensés.

Une recrudescence pendant la saison des pluies

Aux Antilles, la leptospirose est une maladie endémique qui connaît une recrudescence saisonnière durant la saison pluvieuse, de juin à novembre.

En Martinique, les données montrent notamment une augmentation des cas à partir de la fin des grandes vacances. Le bilan fait état de 8 cas en septembre et d’un pic de 13 cas en octobre 2025.

Jardinage, agriculture, randonnée et baignade en rivière parmi les activités à risque

Sur les 69 patients, 36 ont déclaré avoir pratiqué au moins une activité à risque, presque exclusivement dans un cadre privé.

Parmi les personnes ayant déclaré une activité privée à risque, près de six sur dix avaient pratiqué une activité liée au jardinage, à l’élevage ou à l’agriculture. Près d’un cas sur quatre avait également pratiqué la randonnée, le canyoning ou le trail, tandis que 15 % avaient marché pieds nus en extérieur.

Plus largement, les activités identifiées comme présentant un risque comprennent le jardinage, l’entretien des espaces verts, l’agriculture, l’élevage, le nettoyage, les randonnées, la marche pieds nus en extérieur, la baignade en rivière, la pêche et les activités en eaux douces.

La leptospirose peut être transmise à l’être humain lorsqu’une peau lésée ou une muqueuse entre en contact avec l’urine d’un animal infecté ou avec un environnement contaminé, notamment l’eau douce ou la terre humide.

Des rongeurs signalés à proximité du domicile de nombreux patients

La présence de rongeurs à proximité du domicile a été signalée pour 22 des 32 patients pour lesquels cette information était disponible, soit plus des deux tiers. Parmi 37 personnes interrogées, 17 ont également indiqué une présence ou un contact avec des animaux, notamment domestiques, caprins ou ovins.

Les données disponibles sur les lieux d’exposition mettent par ailleurs en évidence plusieurs communes. Fond-Saint-Denis affichait le taux d’exposition le plus élevé, avec 15,1 cas pour 10 000 habitants, devant l’Ajoupa-Bouillon avec 11,5 cas pour 10 000 habitants et Le Carbet avec 5,8 cas pour 10 000 habitants. Ces taux correspondent aux communes où une activité à risque a été renseignée et ne constituent pas des taux d’incidence communaux.

20 hospitalisations, trois passages en réanimation et deux décès

La leptospirose peut évoluer vers des formes graves. Parmi les 49 patients pour lesquels les informations relatives à la sévérité étaient disponibles, 20 ont été hospitalisés, soit quatre sur dix.

Trois de ces patients ont dû être admis en réanimation. Deux personnes sont décédées de la leptospirose en Martinique en 2025, ce qui représente 3 % de l’ensemble des personnes infectées recensées dans le bilan.

Quelle situation dans les autres territoires des Antilles ?

La Martinique n’est pas le seul territoire concerné. En Guadeloupe, 88 cas probables ou confirmés ont été notifiés à l’ARS en 2025, pour un taux d’incidence de 23 cas pour 100 000 habitants, supérieur aux 19 cas pour 100 000 habitants enregistrés en Martinique.

À Saint-Martin, aucun cas n’a été notifié à l’ARS en 2025, tandis qu’à Saint-Barthélemy, un cas confirmé a été recensé.

La comparaison avec 2024 montre cependant une évolution différente entre les deux principales îles : la Martinique est passée de 39 à 69 cas rapportés à l’ARS, tandis que le taux d’incidence en Guadeloupe est passé de 27 à 23 cas pour 100 000 habitants.