La mobilisation lycéenne, qui touche plusieurs établissements de Martinique depuis plusieurs jours, aura des conséquences sur l’organisation des cours ce lundi 5 octobre.
Après les tensions et, dans certains cas, les dégradations survenues en marge du mouvement, plusieurs établissements ont activé leur plan de continuité pédagogique de niveau 2, principalement à Fort-de-France et à La Trinité.
L’accueil physique des élèves y sera donc suspendu et les enseignements seront assurés à distance.
Cette décision intervient après une fin de semaine particulièrement tendue. Vendredi, l’académie de Martinique avait recensé 12 tentatives de blocage et 9 établissements connaissant de fortes perturbations à leurs abords.
Elle avait également signalé la présence de personnes extérieures aux établissements sur certains sites, alors que plusieurs incidents avaient été recensés au cours de la journée.
Didier Laguerre soutient les revendications mais condamne les violences
Dans un communiqué publié samedi 3 octobre, le maire de Fort-de-France, Didier Laguerre, s’est exprimé sur la mobilisation de la jeunesse lycéenne.
L’élu considère que les revendications exprimées sont « fondées et légitimes », notamment lorsqu’elles concernent les conditions d’apprentissage, les problèmes liés au bâti ou encore l’organisation du temps scolaire.
Le maire appelle cependant à distinguer ces revendications des violences et dégradations qui peuvent survenir en marge du mouvement.
Il estime qu’une revendication, aussi légitime soit-elle, ne peut justifier les barrages ou les incendies de biens publics et privés et appelle les lycéens « au calme et à la mesure ».
Une réponse des forces de l’ordre qui doit être « mesurée et proportionnée »
Didier Laguerre adresse également un message aux autorités concernant la gestion des tensions.
Pour le maire de Fort-de-France, « la réponse des forces de l’ordre doit, elle, être mesurée et proportionnée ». Il estime également que la jeunesse doit pouvoir s’exprimer et être entendue.
Cette prise de position intervient après les tensions observées vendredi aux abords de plusieurs établissements, particulièrement à Bellevue.
L’importance du dispositif policier et l’utilisation de gaz lacrymogène avaient notamment suscité des réactions. De leur côté, les forces de l’ordre avaient fait état de jets de pierres et de cocktails Molotov à leur encontre.
Des médiateurs déployés autour des établissements de Fort-de-France
Pour tenter d’apaiser la situation, la Ville de Fort-de-France entend désormais renforcer la médiation sur le terrain.
Didier Laguerre annonce que des équipes de médiation de la Ville seront déployées dès lundi autour des établissements de Fort-de-France, avec pour objectif d’éviter une nouvelle escalade des tensions.
Le maire entend également interpeller la rectrice d’académie et le préfet de la Martinique afin que des solutions soient recherchées collectivement.
Pour Didier Laguerre, l’enjeu est désormais de répondre aux interrogations exprimées par les jeunes tout en permettant un retour à des conditions sereines de scolarisation.
Une journée de lundi sous surveillance
Entre le passage à l’enseignement à distance de plusieurs établissements et le déploiement des médiateurs à Fort-de-France, la journée du lundi 5 octobre constituera une nouvelle étape dans cette mobilisation lycéenne.
Les revendications sur les conditions d’apprentissage restent au cœur du mouvement, tandis que les différents acteurs appellent désormais au dialogue et à l’apaisement après plusieurs journées marquées par des tensions.

Donnez votre avis
Soyez le premier à réagir à cet article.