La saisie réalisée en Martinique intervient dans un contexte de vigilance accrue des services douaniers face à la circulation de produits présentés comme des compléments alimentaires ou cosmétiques, mais contenant en réalité des substances médicamenteuses.
Au centre de dédouanement postal de Dillon, à Fort-de-France, les agents des douanes ont découvert près de 12 000 comprimés contenant de la cyproheptadine. Les produits se trouvaient dans deux colis expédiés depuis le Burkina Faso, aux côtés de sirops et de savons.
La cyproheptadine est notamment identifiée par les services douaniers dans des produits commercialisés de manière illicite pour leurs effets supposés sur la prise de poids.
Des produits « miracles » largement promus sur les réseaux sociaux
Le phénomène ne concerne pas uniquement la Martinique. Le 11 juillet dernier, à Pontarlier, dans le Doubs, près de 8 000 comprimés ont été découverts dans les bagages d’une passagère voyageant dans un autocar en provenance de Paris.
Présentés comme des produits cosmétiques permettant une prise de poids ciblée, ils contenaient en réalité de la cyproheptadine et de la dexaméthasone, principes actifs de médicaments délivrés sur ordonnance en raison notamment des risques associés à leur utilisation.
Ces produits profitent d’une importante exposition sur les réseaux sociaux, où certaines préparations sont présentées comme des solutions permettant de maigrir ou, au contraire, de prendre rapidement du poids sur certaines parties du corps.
Compléments alimentaires adultérés, un trafic particulièrement surveillé
Selon la Douane, certains produits vendus comme de simples compléments alimentaires peuvent contenir des substances médicamenteuses telles que la sibutramine ou la cyproheptadine. Des analyses ont également mis en évidence, dans certains produits saisis, la présence de substances anxiolytiques ou d’antidépresseurs.
Les marchandises transitent notamment par le commerce en ligne et les réseaux sociaux avant d’être acheminées par colis depuis différents pays.
En 2025, les services douaniers ont saisi près de 37 600 articles de compléments alimentaires.
Une enquête de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) a notamment conduit au démantèlement d’un réseau piloté par une influenceuse commercialisant des compléments amincissants contenant de la sibutramine. 55 000 comprimés, estimés à 109 000 euros, avaient été saisis. L’enquête avait établi un chiffre d’affaires de 2,2 millions d’euros depuis 2022 et plus de 1,3 million de comprimés écoulés.
2,3 millions de médicaments saisis en 2025
Au total, 2,3 millions de médicaments ont été saisis par les douanes françaises en 2025. Les services spécialisés identifient plusieurs évolutions du marché clandestin.
Outre les produits destinés à la prise ou à la perte de poids, les douaniers surveillent particulièrement les médicaments contre les troubles érectiles, les psychotropes détournés à des fins stupéfiantes, les produits injectables à visée esthétique ainsi que les médicaments antidiabétiques utilisés hors de leur indication initiale pour leurs effets amaigrissants.
Le commerce en ligne et les réseaux sociaux jouent désormais un rôle important dans la diffusion de ces produits, parfois présentés comme naturels ou sans danger alors que leur composition réelle peut être très différente de celle annoncée.
Des médicaments antidiabétiques également détournés
Autre phénomène surveillé : les médicaments antidiabétiques injectables recherchés pour perdre du poids. Les premières saisies douanières françaises dans ce domaine remontent à 2023.
Les contrôles ont depuis permis d’identifier aussi bien des médicaments authentiques sortis du circuit légal que des contrefaçons et des produits illicites utilisant frauduleusement l’apparence ou les références d’autorités sanitaires.
Les centres de tri et de dédouanement postaux constituent ainsi des points stratégiques pour détecter ces marchandises avant leur mise en circulation.

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