La mobilisation est visible ce jeudi aux abords du lycée de Bellevue, à Fort-de-France. Les élèves engagés dans le mouvement ont toutefois choisi de ne pas bloquer l’accès à leur établissement, permettant à ceux qui souhaitent assister aux cours de pouvoir entrer.

« On estime qu’il y a quand même des personnes qui veulent aller travailler, et ça, on respecte totalement », explique un élève de première participant à la mobilisation.

Les revendications sont notamment adressées à la direction du lycée et à la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM). Les élèves évoquent plusieurs difficultés rencontrées au quotidien : des enseignants absents, un manque de moyens ainsi que des conditions de travail rendues difficiles par la chaleur.

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La chaleur dans les salles au cœur des revendications

La ventilation et la climatisation de certaines salles constituent l’un des principaux sujets soulevés par les élèves mobilisés.

« On travaille sous une chaleur, c’est impossible », témoigne notamment l’un d’eux.

Dans un territoire soumis à un climat tropical, les lycéens souhaitent que les conditions dans lesquelles ils suivent leurs enseignements soient davantage prises en compte. Ils réclament notamment des solutions permettant d’améliorer la ventilation et le rafraîchissement des salles.

Des journées qui peuvent débuter dès 5 heures

Les élèves mettent également en avant l’amplitude de leurs journées.

Certains doivent se lever dès 5 heures du matin en raison de leur éloignement géographique et des contraintes liées aux transports. Les cours peuvent ensuite se terminer vers 17 heures, auxquels viennent s’ajouter le trajet du retour, les devoirs et, pour certains, des activités sportives ou extrascolaires.

Des élèves expliquent ainsi ne regagner leur domicile que vers 19 ou 20 heures.

Les conditions de restauration sont également évoquées. Avec une pause méridienne d’environ 55 minutes, certains lycéens considèrent ne pas disposer de suffisamment de temps pour déjeuner avant la reprise des cours.

Une précédente mobilisation à Bellevue

Ce mouvement n’est pas une première au lycée de Bellevue. Des élèves s’étaient déjà mobilisés l’année dernière pour faire connaître plusieurs difficultés rencontrées dans l’établissement.

Selon les témoignages recueillis, certaines demandes auraient depuis obtenu une réponse, mais plusieurs problèmes resteraient, aux yeux des manifestants, toujours sans solution.

Les lycéens souhaitent désormais que les problématiques spécifiques aux établissements martiniquais soient davantage entendues et que des réponses puissent être apportées localement.

En France, la mobilisation lycéenne prend de l’ampleur

La mobilisation de Bellevue intervient dans un contexte national de contestation dans les lycées.

Le mouvement a débuté autour du 21 septembre dans plusieurs établissements franciliens avant de s’étendre progressivement à d’autres territoires. Parmi les revendications régulièrement exprimées figurent le remplacement des enseignants absents, le manque de personnels et de moyens, la dégradation de certains bâtiments, les emplois du temps chargés ou encore les conditions générales d’apprentissage.

Mardi 29 septembre, 338 lycées étaient concernés par des perturbations ou des actions, dont 45 encore bloqués, selon les données communiquées par le ministère de l’Éducation nationale.

Le mouvement s’est poursuivi mercredi. Selon les chiffres communiqués par le ministre de l’Intérieur, 356 établissements étaient alors concernés à travers la France, contre 338 la veille.

Ce jeudi 1er octobre, de nouvelles actions sont signalées notamment à Paris, Lille, Rennes, Marseille et Strasbourg. Des universités ont également rejoint la contestation : l’Union étudiante faisait état dans la matinée de 29 universités partiellement bloquées.

Des revendications nationales qui font écho à celles de Bellevue

Si chaque établissement présente des difficultés qui lui sont propres, plusieurs revendications exprimées dans l’Hexagone font directement écho à celles avancées en Martinique : enseignants non remplacés, manque de moyens, locaux inadaptés et journées scolaires difficiles.

La situation martiniquaise comporte néanmoins des problématiques spécifiques, notamment celles liées au climat et à la chaleur dans les salles de classe.

Face au mouvement national, le gouvernement a annoncé la mise en place prochaine d’une plateforme de concertation destinée à recueillir les inquiétudes et les revendications des lycéens. Les conseils académiques de la vie lycéenne doivent également être réunis. Le Temps

À Bellevue, les élèves mobilisés entendent pour leur part faire entendre leurs demandes sans empêcher leurs camarades de suivre les cours.

Story ZayActu Mobilisation au lycée de Bellevue : les élèves dénoncent leurs conditions d’étude