Le phénomène se poursuit. Dans son bulletin mensuel consacré au mois de juin 2026, l’Observatoire volcanologique et sismologique de Martinique confirme que le sommet de la Montagne Pelée continue de se déformer, avec un gonflement désormais plus marqué qu’au cours des derniers mois.
Les mesures réalisées grâce au réseau de capteurs installés sur le volcan montrent que cette inflation, amorcée en septembre 2025, s’est nettement accélérée à partir de la fin avril 2026. En juin, cette tendance s’est maintenue à un rythme similaire à celui observé le mois précédent.
Une pression qui augmente sous le sommet
Selon les scientifiques, cette déformation est liée à une source de pressurisation située à environ un kilomètre sous les dômes de la Montagne Pelée.
Cette pressurisation pourrait être provoquée par la remontée de fluides hydrothermaux et/ou magmatiques, notamment des gaz et des eaux hydrothermales, depuis les profondeurs du système volcanique.
Les observations montrent notamment un allongement de certaines lignes de mesure autour du sommet, signe que l’édifice volcanique continue de s’étendre progressivement. Les analyses indiquent également une augmentation du volume de cette source de pressurisation par rapport aux mois précédents.
Une activité sismique toujours importante
Au cours du mois de juin, les instruments de l’OVSM ont enregistré 522 séismes d’origine volcanique, dont 519 séismes volcano-tectoniques.
Aucun de ces séismes n’a été ressenti par la population, mais leur nombre reste largement supérieur au niveau de référence observé avant la reprise de l’activité volcanique en 2019.
La majorité des secousses se concentre dans le système hydrothermal situé sous le sommet du volcan, tandis que quelques séismes ont également été localisés à des profondeurs plus importantes.
Des indicateurs globalement stables
En parallèle, plusieurs paramètres de surveillance restent stables. Les températures et le pH des sources thermales ne présentent pas d’évolution significative et aucune activité fumerollienne n’a été observée sur les flancs ou au sommet de la Montagne Pelée.
Les zones de dégazage de dioxyde de carbone continuent toutefois d’être surveillées, tout comme les secteurs où la végétation a été affectée par ces émissions de gaz.
Une éruption à court terme jugée peu probable
Malgré cette activité persistante et l’accélération du gonflement du volcan, l’OVSM estime que la probabilité d’une éruption à court terme reste faible.
Les scientifiques précisent néanmoins qu’ils ne peuvent exclure une évolution de la situation à moyen terme, dans les semaines, les mois ou les années à venir. Cette évolution dépendra de l’ensemble des paramètres actuellement suivis sur le volcan.
Dans ce contexte, les autorités maintiennent le niveau d’alerte JAUNE – Vigilance, invitant à poursuivre une surveillance étroite de l’évolution de la Montagne Pelée.