ODYSSI engage une nouvelle étape dans sa transformation. Réuni ce lundi 14 septembre 2026, le conseil d’administration de la régie a adopté un plan de redressement couvrant les dix prochaines années.
L’objectif annoncé est d’améliorer durablement les performances techniques, de rétablir les équilibres financiers et de moderniser l’organisation de la régie afin d’améliorer le service rendu aux abonnés.
ODYSSI évoque plusieurs difficultés structurelles pour justifier cette trajectoire : un patrimoine vieillissant et insuffisamment renouvelé, une forte progression des coûts d’exploitation, des recettes fragilisées ainsi que d’importants besoins d’investissement pour renouveler et sécuriser les infrastructures.
216,8 millions d’euros d’investissements entre 2026 et 2035
Le plan prévoit 216,8 millions d’euros d’investissements sur dix ans, entre 2026 et 2035.
Cette enveloppe doit notamment permettre d’accélérer le renouvellement des réseaux, de réduire les pertes d’eau, de diversifier et sécuriser les ressources, mais également de moderniser les équipements et les compteurs.
La régie entend aussi améliorer la relation avec les abonnés grâce au développement de services numériques et renforcer sa réactivité lors des casses et des coupures.
ODYSSI vise un financement d’environ 70 % de ces investissements grâce à des subventions provenant notamment de l’Europe, de l’État, de l’Office de l’eau et de la CACEM.
Plus de 1 500 casses et fuites réparées depuis janvier
ODYSSI met également en avant les premières mesures déjà engagées dans le cadre de son redressement.
Entre janvier et août 2026, 1 536 casses et fuites ont été réparées et 1 055 compteurs ont été changés.
La régie annonce également 353 000 euros d’économies sur les dépenses d’électricité en 2025, soit une baisse de 20 % par rapport à 2024. Le coût de l’eau achetée en gros est passé de 0,50 à 0,25 euro par mètre cube.
La masse salariale est, elle, passée de 20,7 millions d’euros en 2024 à 19,3 millions en 2025, soit une diminution de 7 %. Le taux de recouvrement atteint désormais 86 %, avec un objectif fixé à 89 %.
Mis en service en juillet 2026, le forage de Fond Lahaye permet par ailleurs de fournir environ 700 m³ d’eau supplémentaires par jour.
Une évolution du prix de l’eau envisagée dès 2027
C’est probablement le volet du plan qui sera le plus scruté par les abonnés. ODYSSI envisage une évolution de la tarification de l’eau potable à compter de 2027.
La régie rappelle que les tarifs de l’eau potable sont restés inchangés depuis 2016 et ceux de l’assainissement depuis 2019, alors que les coûts du service et les besoins d’investissement ont progressé.
Cette évolution tarifaire constituerait l’un des leviers permettant de restaurer progressivement l’équilibre financier de la régie et de préserver sa capacité à investir.
Une perspective qui pourrait toutefois ne pas ravir les usagers. Au mois de mai dernier, l’annonce d’une possible hausse des tarifs avait déjà suscité de nombreuses réactions parmi les abonnés.
Pour l’heure, ODYSSI ne précise ni le montant ni le pourcentage de l’évolution tarifaire qui pourrait intervenir en 2027.
La régie indique proposer actuellement le tarif global eau et assainissement le moins élevé de Martinique. Elle assure que l’évolution envisagée ne remettrait pas en cause ce positionnement et que son tarif resterait inférieur à ceux pratiqués sur les autres territoires martiniquais.
ODYSSI précise également qu’une attention particulière sera portée à l’impact de cette évolution sur les abonnés, notamment les ménages les plus fragiles.
Aucun licenciement prévu
Le plan de redressement prévoit également une évolution de l’organisation interne d’ODYSSI, mais la régie assure qu’aucun licenciement n’est programmé.
La réduction des effectifs doit principalement reposer sur le non-remplacement d’une partie des départs à la retraite. Des mobilités, formations, reconversions et recrutements ciblés sur les nouveaux métiers nécessaires à la transformation du service sont également prévus.
ODYSSI annonce enfin qu’elle rendra régulièrement compte de l’avancement du plan, des résultats obtenus et des éventuels écarts par rapport à la trajectoire fixée.
Le plan doit désormais s’étendre jusqu’en 2035, avec un enjeu majeur pour la régie : parvenir à retrouver un équilibre financier tout en réalisant les investissements nécessaires à l’amélioration du réseau et du service public de l’eau.

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