Le financement du permis de conduire par le Compte personnel de formation (CPF) évolue. Un nouveau décret gouvernemental introduit plusieurs conditions supplémentaires pour mobiliser ses droits, suscitant une vive réaction des professionnels de l’éducation routière.
Selon ces derniers, les nouvelles règles marquent un tournant important dans l’utilisation du CPF pour financer le permis. Désormais, les salariés devront remplir plusieurs critères cumulés pour accéder à ce financement.
Un accès davantage encadré
Le dispositif prévoit notamment trois nouvelles contraintes principales :
l’obtention préalable d’un abondement financier provenant d’un employeur ou d’une collectivité territoriale,
un plafond de financement fixé à 900 euros,
l’obligation d’un reste à charge pour le candidat, même lorsque son CPF dispose de crédits suffisants.
Concrètement, un salarié disposant d’un montant important sur son CPF ne pourra plus financer seul son permis sans participation extérieure. Une situation jugée paradoxale par les professionnels du secteur, qui soulignent que le permis devient ainsi la seule formation nécessitant obligatoirement un cofinancement pour être mobilisée via ce dispositif.
Une mesure critiquée pour ses conséquences sociales
Les représentants de la branche rappellent que le permis de conduire reste l’une des formations les plus demandées par les jeunes actifs, notamment les 20-30 ans. Ils considèrent qu’il s’agit d’un outil essentiel pour accéder à l’emploi, faciliter la mobilité professionnelle et favoriser l’autonomie.
Or, le coût moyen d’une formation au permis étant estimé autour de 1 800 euros, le plafonnement à 900 euros pourrait augmenter significativement le reste à charge pour les candidats.
Les professionnels dénoncent également une réforme adoptée sans concertation approfondie avec les acteurs de l’éducation routière et sans étude d’impact publique détaillée sur ses conséquences économiques et sociales.
Appel à une mobilisation nationale
Face à cette réforme, une mobilisation nationale est annoncée. Les professionnels du secteur appellent à un rassemblement le lundi 2 mars 2026 devant le ministère du Travail à Paris afin de défendre, selon eux, un accès effectif au permis de conduire pour les salariés.
Pour les organisations concernées, l’enjeu dépasse la simple formation : il touche directement l’accès à l’emploi et la mobilité professionnelle des jeunes actifs.










