L’affaire des corps non réclamés en Guadeloupe continue de susciter de vives réactions. Alors que 32 nouvelles dépouilles, dont 22 enfants, sont toujours conservées à la morgue du CHU, la Fédération Nationale du Funéraire (FNF) a publié un communiqué pour clarifier les règles applicables et défendre les pratiques de la profession.
Un cadre légal strict
Dans son communiqué daté du 26 février 2026, la FNF insiste sur le fait que la situation observée en Guadeloupe ne reflète pas les pratiques habituelles de la filière funéraire française.
Elle rappelle que le transport et l’admission d’un défunt en chambre funéraire sont soumis à plusieurs obligations : établissement d’un certificat de décès par un professionnel de santé, déclaration préalable en mairie et demande formelle émanant de la famille ou d’une autorité administrative ou judiciaire.
Sans ces démarches, aucune opération ne peut légalement être engagée.
Des délais parfois indépendants des opérateurs
La Fédération précise également que la durée de conservation d’un corps en chambre funéraire peut parfois échapper à la maîtrise de l’opérateur. Plusieurs situations peuvent retarder l’organisation des obsèques : absence de contact avec la famille, difficultés administratives ou décisions relevant des autorités publiques.
Dans ces cas, l’entreprise funéraire ne peut procéder ni à une inhumation ni à une crémation sans autorisation écrite. Elle est alors tenue de conserver le corps dans des conditions conformes à la réglementation.
La responsabilité des communes
Le communiqué rappelle par ailleurs qu’en l’absence de famille ou de ressources suffisantes, la responsabilité de l’organisation et du financement des obsèques incombe au maire de la commune du lieu de décès. En cas de carence, le préfet peut intervenir.
La FNF souligne que la prise en charge des défunts repose en France sur un corpus réglementaire précis et contrôlé. Elle évoque une situation “exceptionnelle”, aujourd’hui encadrée par les autorités compétentes.
Une affaire sensible
La présence d’un nombre important d’enfants parmi les dépouilles conservées au CHU accentue l’émotion autour de ce dossier. Les autorités poursuivent leurs vérifications administratives afin d’identifier d’éventuels proches avant toute décision définitive.
Au-delà de la polémique, cette affaire met en lumière les difficultés liées à la gestion des décès sans famille identifiée, particulièrement dans des contextes administratifs complexes.










