Le Paraguay est plongé dans une crise majeure. Jeudi 5 novembre 2026, le président Santiago Peña, âgé de 47 ans, a annoncé sa démission dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Une décision qui intervient alors que la pression politique et populaire s’intensifiait depuis plusieurs jours.

À l’origine de cette situation, les graves difficultés financières d’Ueno Bank, l’une des principales banques numériques du pays. L’établissement, placé sous intervention de la Banque centrale du Paraguay, a suspendu l’accès aux comptes de près de trois millions de clients, provoquant une vague d’inquiétude et de colère dans la population.

Près de trois millions de clients privés de leur argent

La crise a éclaté après la découverte d’importantes difficultés de solvabilité au sein d’Ueno Bank. Les opérations bancaires ont été interrompues, empêchant de nombreux clients de retirer leur argent, d’effectuer des virements ou d’utiliser leurs cartes.

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Cette situation touche particulièrement les familles, les salariés et les retraités qui dépendent de ces comptes pour leurs dépenses quotidiennes.

L’établissement gérait également plusieurs centaines de millions de dollars de fonds publics, notamment des ressources destinées aux retraites et à la protection sociale.

Face à cette situation, des milliers de manifestants sont descendus dans les rues d’Asunción, la capitale, pour réclamer la restitution de leurs économies et demander des comptes aux autorités.

Des liens avec la banque au cœur de la polémique

Au-delà des difficultés financières, cette affaire a rapidement pris une dimension politique.

Santiago Peña avait détenu, jusqu’en 2025, des participations dans un groupe lié à Ueno Bank. Ces relations ont alimenté les soupçons de conflits d’intérêts et les accusations de traitement privilégié de l’établissement.

Plusieurs parlementaires ont également dénoncé de possibles irrégularités dans la gestion de fonds publics.

Le président a rejeté toute implication dans des actes répréhensibles. Mais la contestation a progressivement gagné son propre camp politique, le Parti Colorado, dont plusieurs responsables ont soutenu une procédure de destitution.

Une démission pour tenter de rétablir le calme

Dans son intervention, Santiago Peña a expliqué avoir pris cette décision afin de préserver la stabilité du Paraguay et de ses institutions démocratiques.

Arrivé au pouvoir en août 2023 pour un mandat de cinq ans, il devait normalement rester à la tête du pays jusqu’en 2028.

Son annonce ne met toutefois pas immédiatement fin à la crise institutionnelle. Les modalités de son départ doivent encore être clarifiées, alors qu’une procédure parlementaire était engagée.

Le vice-président Pedro Alliana est appelé à lui succéder, conformément aux dispositions constitutionnelles du pays.

Une crise économique et politique aux lourdes conséquences

Pour les autorités paraguayennes, l’urgence consiste désormais à rétablir l’accès aux économies des déposants et à restaurer la confiance dans le système bancaire.

Des mesures ont été engagées pour permettre le remboursement des clients et le transfert de certains comptes vers d’autres établissements.

Parallèlement, des investigations judiciaires visent plusieurs responsables d’Ueno Bank afin de déterminer les circonstances de son effondrement et les éventuelles responsabilités.

Cette crise constitue un tournant majeur pour le Paraguay, pays d’Amérique du Sud dont la stabilité économique et politique se retrouve fragilisée.