C’est une décision à forte portée historique et symbolique. Le 25 mars 2026, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution qualifiant la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage de « crime le plus grave contre l’humanité ».
Le texte a été approuvé par 123 États membres, traduisant une large adhésion internationale autour de la reconnaissance de l’ampleur et de la gravité de ce crime ayant marqué durablement l’histoire du monde.
Cependant, ce vote n’a pas fait l’unanimité. Plusieurs puissances européennes, dont la France, le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Allemagne ou encore le Portugal, ont choisi de s’abstenir, aux côtés de 46 autres pays. De leur côté, les États-Unis, Israël et l’Argentine ont voté contre cette résolution.
Cette configuration diplomatique a rapidement suscité des réactions, notamment en Martinique. Le député martiniquais Marcellin Nadeau dénonce une « erreur politique grave », estimant que cette abstention traduit une difficulté persistante à affronter pleinement l’héritage colonial.
Même tonalité du côté du président du Conseil exécutif de Martinique, Serge Letchimy, qui évoque une « désertion morale » et un recul historique pour un pays se revendiquant comme le berceau des droits de l’Homme.
Au-delà des réactions politiques, ce vote ravive un débat profond sur la mémoire, la reconnaissance et les responsabilités historiques. Pour de nombreux territoires et descendants de l’esclavage, cette résolution représente une étape supplémentaire vers une reconnaissance universelle, tandis que certaines positions diplomatiques interrogent sur les équilibres entre mémoire, politique et relations internationales.
Ce texte, bien que symbolique, pourrait désormais alimenter de nouvelles initiatives internationales en matière de reconnaissance, d’enseignement et de réparation autour de l’histoire de l’esclavage.










