Le monde du reggae pleure l’une de ses figures emblématiques. L’artiste jamaïcain Fantan Mojah est décédé mardi soir à l’âge de 49 ans à l’hôpital universitaire des Antilles occidentales, à Kingston. Selon plusieurs médias jamaïcains, le chanteur est mort des suites de complications cardiaques, après une dégradation de son état de santé ces derniers jours.

Cette disparition touche particulièrement le public martiniquais, qui garde un souvenir fort de l’artiste. En juillet 2024, Fantan Mojah était attendu comme l’une des têtes d’affiche du Reggae Therapy, programmé les 12 et 13 juillet au stade Louis-Achille à Fort-de-France. Mais quelques heures avant sa prestation, alors qu’il se trouvait dans sa chambre d’hôtel, le chanteur avait été victime d’un malaise.

Transporté en urgence au CHU Pierre Zobda-Quitman, il avait été pris en charge pour de sérieux problèmes de santé, notamment respiratoires et cardiaques. Son état avait contraint les organisateurs à annoncer son absence du festival, une nouvelle qui avait profondément déçu ses nombreux fans présents en Martinique.

S’en était suivie une période de convalescence sur l’île, durant laquelle Fantan Mojah avait reçu un soutien massif. Les organisateurs du festival, les acteurs de la scène reggae locale et de nombreux Martiniquais avaient multiplié les messages d’encouragement et de solidarité, espérant son rétablissement.

Après plusieurs semaines de repos, l’artiste semblait avoir retrouvé des forces. Il était rentré en Jamaïque avant de reprendre progressivement les concerts, notamment lors d’une tournée européenne au début de l’année 2025. Son état de santé s’est toutefois dégradé ces derniers jours, jusqu’à son décès.

Originaire de la paroisse de Saint Elizabeth, en Jamaïque, Fantan Mojah avait découvert la musique dès son plus jeune âge en participant à des concours de chant et à des spectacles scolaires. Installé ensuite à Kingston, il avait débuté comme roadie au sein du célèbre Killamanjaro Sound System.

Connu à ses débuts sous le nom de Mad Killer, en hommage à Bounty Killer, il change de nom en 1997 après sa conversion au rastafarisme et sa rencontre avec Capleton. Il devient alors Fantan Mojah, un nom qui s’imposera rapidement sur la scène reggae internationale.

Sa carrière prend un tournant en 2004 avec les succès Hungry et Hail the King, devenus des classiques du reggae roots contemporain. Il enchaîne ensuite les collaborations sur de nombreux riddims et publie plusieurs albums remarqués, dont Stronger et Soul Rasta, affirmant son style mêlant spiritualité, conscience et engagement.

Avec sa disparition, le reggae perd une voix singulière et engagée. En Martinique, nombreux sont ceux qui se souviendront autant de l’artiste que de l’homme, dont le combat contre la maladie avait suscité une profonde émotion après son malaise survenu à la veille du Reggae Therapy 2024.