Un décès survenu à Trinité relance le débat sur l’accès aux soins d’urgence dans le Nord de la Martinique.
Dans la nuit du vendredi 25 au samedi 26 septembre 2026, un homme âgé de 72 ans, souffrant de fortes douleurs thoraciques, a été conduit par son épouse au centre de secours des sapeurs-pompiers de Trinité.
Selon l’UGTM Santé, l’homme est arrivé au centre de secours aux alentours de 2h15. Malgré sa prise en charge, son décès a été constaté à 3h19.
Un ancien agent hospitalier de Trinité
Dans son communiqué daté du 26 septembre, l’UGTM Santé indique que le septuagénaire était un ancien agent hospitalier à la retraite.
Il aurait effectué l’ensemble de sa carrière à l’hôpital Louis-Domergue de Trinité, établissement dont les urgences n’étaient pas accessibles durant la nuit au moment des faits.
La fermeture nocturne du service des urgences de Trinité fait l’objet de nombreuses contestations depuis plusieurs semaines, notamment de la part des organisations syndicales et de plusieurs acteurs du territoire.
L’UGTM Santé met directement en cause la fermeture des urgences
Pour l’UGTM Santé, ce décès illustre les conséquences de l’absence d’un service d’urgences de proximité durant la nuit dans cette partie de la Martinique.
Le syndicat estime que le septuagénaire a été privé d’une prise en charge dans un service d’urgences proche de son domicile et dénonce plus largement les délais auxquels peuvent être confrontés les habitants du Nord-Atlantique lorsqu’une urgence médicale survient la nuit.
L’organisation syndicale considère notamment que la population du secteur se retrouve confrontée à un manque de couverture médicale nocturne.
Il convient cependant de distinguer la position défendue par l’UGTM Santé des conclusions médicales qui pourraient être établies concernant ce décès. À ce stade, aucun élément officiel ne permet d’affirmer que l’ouverture des urgences de Trinité aurait permis d’éviter la mort de cet homme.
Le CHUM, l’ARS et la préfecture pointés du doigt
Dans son communiqué, l’UGTM Santé met également en cause plusieurs institutions dans la gestion de la situation.
Le syndicat cite notamment la direction générale du CHUM, la direction générale de l’ARS Martinique, la préfecture de Martinique ainsi que la Commission médicale d’établissement du CHUM.
L’UGTM Santé estime qu’elles portent, à différents niveaux, une responsabilité dans le maintien de la fermeture nocturne des urgences et du SMUR de Trinité.
Ces accusations constituent la position de l’organisation syndicale. À ce stade, aucune responsabilité juridique de ces différentes institutions n’est établie concernant le décès du septuagénaire.
Une enquête réclamée par le syndicat
À la suite de ce décès, l’UGTM Santé formule plusieurs demandes.
Le syndicat réclame notamment l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire et administrative afin de déterminer précisément les circonstances du décès et d’établir d’éventuelles responsabilités.
Il demande également la réouverture des urgences et du SMUR de l’hôpital Louis-Domergue 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
Enfin, l’organisation syndicale souhaite la mise en œuvre d’un plan territorial permettant, selon elle, à chaque Martiniquais de disposer d’un accès sécurisé à des soins d’urgence dans un délai inférieur à 30 minutes.

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