La crise couvait depuis plusieurs semaines au Morne-Rouge. Elle prend désormais une nouvelle dimension avec la démission de neuf élus issus de la majorité municipale d’Andréa Mauzole.

Parmi les élus concernés figurent notamment Karyne Alexandre Sabin et Dana-Elle Georges, respectivement troisième et cinquième adjointes au maire.

Cette rupture intervient seulement cinq mois après l’arrivée aux responsabilités de la nouvelle équipe municipale.

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Une majorité largement élue en mars dernier

Lors du second tour des élections municipales, le 22 mars 2026, la liste « Nouvel Élan Péléen » conduite par Andréa Mauzole avait largement remporté le scrutin avec 58,74 % des suffrages exprimés, soit 1 496 voix, contre 41,26 % pour la liste de la maire sortante Jenny Dulys-Petit.

La liste d’Andréa Mauzole avait ainsi obtenu une très large majorité des sièges au conseil municipal.

La nouvelle maire avait officiellement été installée dans ses fonctions le 29 mars, avec l’ambition affichée de moderniser la commune, de renforcer le lien social et de conduire une gestion reposant notamment sur la rigueur financière et la confiance envers les agents municipaux.

Quelques mois plus tard, une partie de l’équipe qui l’avait accompagnée durant la campagne prend donc ses distances.

Le mode de gouvernance de la maire mis en cause

Au cœur du conflit figurent des désaccords sur le fonctionnement de la municipalité.

Les élus démissionnaires reprochent notamment à Andréa Mauzole un manque de dialogue, des décisions qui seraient prises sans concertation suffisante ainsi qu’un défaut de transparence dans la conduite des affaires municipales.

Karyne Alexandre Sabin, également vice-présidente du Centre communal d’action sociale (CCAS), fait partie des principales voix exprimant ce désaccord. Elle dénonce notamment une préparation des conseils municipaux sans concertation suffisante avec les élus de la majorité et met également en cause les relations entre l’exécutif municipal et certains services administratifs.

Les démissionnaires évoquent par ailleurs un climat social particulièrement tendu parmi les 122 agents de la commune. Ces affirmations émanent toutefois des élus ayant décidé de quitter la majorité et doivent être présentées comme telles.

Le préfet sollicité en urgence

Face à la situation, les élus concernés ont décidé de saisir les services de l’État.

Selon les informations disponibles, le préfet a été alerté lundi et la maire aurait été informée mardi 25 août de la décision des élus. Les démissionnaires souhaitent désormais obtenir une audience en urgence afin d’exposer la situation de la municipalité.

Karyne Alexandre Sabin estime notamment que la situation est devenue suffisamment préoccupante pour envisager une nouvelle consultation des électeurs.

Elle plaide ainsi pour l’organisation de nouvelles élections municipales, tout en indiquant qu’une concertation avec d’autres élus, notamment ceux de l’opposition, serait nécessaire avant de déterminer la suite à donner.

Andréa Mauzole entend poursuivre son mandat

Avant l’annonce officielle des neuf démissions, Andréa Mauzole avait été interrogée sur les tensions traversant son équipe.

La maire avait alors indiqué vouloir poursuivre son action malgré les difficultés et continuer à travailler pour la population du Morne-Rouge.

Au moment des dernières informations disponibles ce mercredi 26 août 2026, elle n’avait pas encore publiquement réagi à l’annonce des neuf départs de sa majorité.

Cette crise ouvre désormais une période d’incertitude politique au Morne-Rouge. Les conséquences institutionnelles précises des démissions dépendront notamment de leur caractère effectif, des éventuels remplacements au sein du conseil municipal et de l’évolution du rapport de forces entre les élus restant en fonction.