Les professionnels de l’aide à domicile ont fait entendre leurs inquiétudes ce mardi 13 octobre 2026 en Martinique, à l’occasion d’une marche blanche organisée à Fort-de-France à l’appel du GSSAD.

Cette mobilisation visait à dénoncer les difficultés financières rencontrées par les structures du secteur et à alerter sur les conséquences possibles pour les personnes âgées et les personnes en situation de handicap.

Le rassemblement avait été fixé à 8h30 au terminal de croisière, derrière l’ancien bâtiment de la CGM, avec un parcours en direction du centre administratif de la Collectivité Territoriale de Martinique.

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Salariés du maintien à domicile, dirigeants des services autonomie à domicile (SAD), bénéficiaires et représentants des fédérations étaient appelés à se mobiliser, vêtus de blanc, pour défendre l’avenir de cette activité essentielle.

Au centre des revendications figurent notamment le manque de financements, la reconnaissance des professionnels et la nécessité de garantir des moyens suffisants pour assurer la continuité des prestations.

La CTM reconnaît des retards de paiement importants

Cette mobilisation intervient dans un contexte de tensions autour du financement des services d’aide à domicile.

Dans un communiqué publié lundi 12 octobre, soit la veille du rassemblement, la Collectivité Territoriale de Martinique a tenu à apporter plusieurs précisions sur les versements effectués aux structures.

La CTM affirme consacrer environ 5,6 millions d’euros chaque mois au paiement des prestations d’aide à domicile, malgré les contraintes qui pèsent sur son budget.

Elle reconnaît toutefois que des incidents techniques survenus en août et septembre 2026 ont entraîné des retards de paiement significatifs.

Ces dysfonctionnements ont notamment provoqué des difficultés pour les structures concernées au mois d’août.

Cette reconnaissance intervient alors que les professionnels dénoncent une situation financière préoccupante, susceptible de fragiliser le fonctionnement des services et l’accompagnement quotidien des bénéficiaires.

Un secteur confronté au vieillissement de la population martiniquaise

Au-delà des difficultés de trésorerie, la question du financement de l’aide à domicile représente un enjeu majeur pour la Martinique.

Le territoire connaît un vieillissement important de sa population, entraînant une augmentation des besoins en matière d’accompagnement des personnes âgées et de maintien à domicile.

Les services d’aide à domicile jouent un rôle essentiel dans cette prise en charge. Leurs interventions permettent notamment aux personnes en perte d’autonomie de continuer à vivre chez elles tout en bénéficiant d’un accompagnement adapté.

Une fragilisation de ces structures pourrait ainsi avoir des répercussions sur les salariés, mais également sur les familles et les bénéficiaires qui dépendent de leurs prestations.

Pour les professionnels mobilisés, il devient indispensable de disposer de financements pérennes afin de garantir la qualité et la continuité de cet accompagnement.

La CTM pointe une compensation insuffisante de l’État

De son côté, la Collectivité Territoriale de Martinique estime que les difficultés financières du secteur s’inscrivent dans un problème plus large de financement des politiques de solidarité.

Elle met notamment en cause une compensation jugée insuffisante par l’État des allocations individuelles de solidarité, dont le financement pèse sur les finances de la collectivité.

Face à cette situation, la CTM appelle à un accompagnement financier plus conséquent de l’État et à une meilleure prise en compte des besoins spécifiques de la population martiniquaise.

La collectivité considère qu’un financement plus stable est indispensable pour répondre aux enjeux démographiques et sociaux du territoire.

Une motion prochainement présentée à l’Assemblée de Martinique

Pour tenter de faire évoluer la situation, la CTM annonce qu’une motion sera présentée aux élus de l’Assemblée de Martinique lors de sa prochaine séance plénière.

Cette initiative doit permettre de défendre la nécessité d’un financement adapté aux besoins du territoire et de réclamer un engagement renforcé de l’État.

L’objectif est notamment de garantir la pérennité des services d’aide à domicile, tout en préservant les conditions nécessaires à un accompagnement de qualité pour les personnes les plus fragiles.

Au lendemain de la marche blanche, les difficultés du secteur restent donc pleinement d’actualité. Entre les revendications des professionnels, les retards de paiement reconnus par la collectivité et les demandes de moyens supplémentaires adressées à l’État, l’avenir de l’aide à domicile en Martinique demeure un enjeu social et financier majeur.