À la suite d’une série de signalements relayés par des familles et des habitants, l’attention s’est portée sur la présence de dépouilles non réclamées depuis plusieurs années dans les locaux de l’institut médico-légal du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Pointe-à-Pitre/Les Abymes, en Guadeloupe. La situation a déclenché des questions sur la gestion des corps et les responsabilités institutionnelles.
Explications de l’institut médico-légal
La cheffe de service de l’institut médico-légal, qui dépend du CHU, a détaillé les raisons qui ont conduit à cette accumulation de corps. Elle rappelle que lorsqu’un décès survient dans un cadre judiciaire, ou sans famille identifiée dans l’immédiat, la loi impose des procédures spécifiques pour l’identification, l’examen et la conservation des dépouilles.
Selon elle, certains corps n’ont pas été réclamés faute de proches identifiables ou disponibles. D’autres restent dans l’attente des démarches administratives nécessaires — notamment l’autorisation judiciaire ou la levée de corps par les autorités compétentes — avant de pouvoir procéder à des obsèques ou à une restitution aux familles.
Contraintes logistiques et médicales
L’institut médico-légal doit travailler dans un cadre strictement réglementé, avec des chambres froides adaptées pour la conservation des dépouilles dans des conditions sanitaires optimales. La cheffe de service a expliqué que ces installations ne sont conçues que pour une conservation temporaire, en attendant les décisions des autorités judiciaires ou les démarches des proches.
Elle a aussi insisté sur le fait que la priorité reste l’identification correcte et la traçabilité de chaque corps, ce qui peut prolonger la durée de conservation lorsque les éléments d’état civil manquent ou sont insuffisants.
Démarches en cours
Le CHU a indiqué que des mesures sont en cours pour accélérer le traitement de ces dépouilles. Cela inclut la relance des procédures administratives, la coordination avec les autorités judiciaires et les services sociaux, ainsi que la communication auprès des familles potentiellement concernées.
L’objectif affirmé est de réduire le nombre de corps conservés au sein de l’institut médico-légal, tout en respectant le cadre légal et les droits des familles. La direction du CHU précise que cette gestion doit concilier contraintes sanitaires, obligations juridiques et devoir de dignité envers les personnes décédées.










