La disparition de Suzie Zozio continue de susciter une vive émotion en Guadeloupe. Décédée jeudi 5 mars 2026 à Agen, à l’âge de 44 ans, la docteure en biochimie et spécialiste des sciences de l’alimentation était reconnue pour son engagement constant en faveur de la vulgarisation scientifique, de la prévention santé et de la valorisation des ressources alimentaires locales.
Scientifique rigoureuse, pédagogue reconnue, Suzie Zozio avait su imposer une voix singulière dans le débat public autour de l’alimentation. Son approche, à la fois scientifique et accessible, permettait de rendre compréhensibles des notions complexes liées à la nutrition, à la biochimie alimentaire et aux bienfaits des plantes.
Très attachée aux richesses du territoire guadeloupéen, elle défendait activement le manger local, le jardin péyi et l’utilisation raisonnée des plantes locales dans une logique de prévention et de bien-être. À travers ses prises de parole, ses ateliers et ses interventions, elle encourageait une alimentation plus naturelle, plus consciente et ancrée dans les réalités caribéennes.
Formée en France et en Angleterre, Suzie Zozio avait choisi de mettre ses compétences au service de la Guadeloupe, en faisant de la transmission une priorité. Enseignante, chercheuse et communicante, elle avait marqué de nombreux publics par sa capacité à rapprocher la science du quotidien.
Son engagement s’était également illustré dans plusieurs actions de sensibilisation locales. En octobre 2024, elle avait notamment collaboré avec la Région Guadeloupe dans le cadre d’Octobre Rose, en animant des ateliers pédagogiques destinés aux agents de la collectivité autour de la prévention par l’alimentation.
Dans un hommage publié ces derniers jours, le président de la Région Guadeloupe, Ary Chalus, a salué la mémoire d’« une femme d’exception » dont l’engagement pour la santé publique et le rayonnement du territoire restera durablement inscrit dans les mémoires.
Pour de nombreux Guadeloupéens, Suzie Zozio incarnait une science proche des réalités locales, tournée vers l’autonomie alimentaire et la valorisation de la biodiversité. Son parcours laisse l’image d’une pionnière, attachée à transmettre, expliquer et faire comprendre que la santé commence aussi dans l’assiette.
La Guadeloupe perd ainsi une figure engagée de la recherche appliquée, de la pédagogie scientifique et de la valorisation du patrimoine alimentaire local.










