C’est un vote hautement symbolique qui s’est déroulé ce jeudi à l’Assemblée nationale. Les députés ont approuvé à l’unanimité la proposition de loi portant abrogation du Code noir et de l’ensemble des textes ayant organisé l’esclavage dans les anciennes colonies françaises.

Mis en place à partir de 1685 sous le règne de Louis XIV, le Code noir définissait le statut des personnes réduites en esclavage dans les colonies françaises. Il assimilait notamment les esclaves à des biens meubles et autorisait des châtiments extrêmement violents.

Malgré l’abolition définitive de l’esclavage en 1848, ces dispositions n’avaient jamais été officiellement retirées du droit français. Cette situation était régulièrement dénoncée par plusieurs élus ultramarins et associations mémorielles.

Le texte, porté par le député guadeloupéen Max Mathiasin et soutenu par plusieurs groupes politiques, avait déjà été adopté à l’unanimité en commission des lois quelques jours plus tôt.

Dans l’hémicycle, plusieurs parlementaires ont évoqué une décision historique pour la mémoire des descendants d’esclaves et pour les territoires ultramarins, notamment la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et La Réunion. Certains élus ont toutefois rappelé que cette abrogation reste avant tout symbolique et qu’elle ne règle pas les inégalités sociales et économiques héritées de l’histoire coloniale.

Ce vote intervient également dans un contexte de débats plus larges autour de la mémoire de l’esclavage et de la question des réparations. Ces derniers jours, Emmanuel Macron a évoqué la nécessité d’ouvrir une réflexion sur ce sujet à l’occasion des 25 ans de la loi Taubira reconnaissant l’esclavage comme crime contre l’humanité.

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