« Ils ont dit que je me victimise » : les derniers messages d’une lycéenne avant son suicide à Mitry-Mory

Après le suicide d’une lycéenne de 17 ans à la gare RER de Mitry-Mory, de nouveaux éléments émergent. Des messages envoyés à sa mère peu avant le drame évoquent une convocation au lycée et un profond sentiment d’injustice. Le parquet de Meaux poursuit ses investigations dans un contexte particulièrement sensible.

Rédaction ZayActu
3 min de lecture

L’émotion reste vive à Mitry-Mory, en Seine-et-Marne. Quelques heures avant de mettre fin à ses jours, la lycéenne de 17 ans, scolarisée au lycée Honoré de Balzac, avait échangé plusieurs messages avec sa mère. Des mots aujourd’hui au centre de l’enquête judiciaire ouverte après son suicide, survenu mardi sur les voies du RER B, à la gare de Villeparisis–Mitry-le-Neuf.

Selon les éléments rapportés par la famille, l’adolescente avait été convoquée chez le proviseur dans l’après-midi. À 16h32, elle écrit à sa mère pour lui expliquer que l’établissement lui reproche une part de responsabilité dans les faits dénoncés et qu’une sanction disciplinaire pourrait être envisagée. Elle conclut son message par une déclaration d’amour et promet de rappeler après l’entretien.

« Il a dit que je me victimise »

Quelques minutes plus tard, à 16h43, la jeune fille envoie un nouveau message. Elle y rapporte les propos du chef d’établissement, affirmant qu’elle se « victimise ». Trois minutes après, elle adresse un dernier message à sa mère, sobre et déchirant, pour lui redire son amour.

Après cet échange, l’adolescente rassemble ses affaires, quitte le lycée et se rend à la gare. À 17h30, elle met fin à ses jours. Une camarade présente au moment de son départ a indiqué qu’elle se trouvait dans un état de détresse extrême en quittant l’établissement, peu avant le drame.

Une enquête toujours en cours

Comme annoncé précédemment, le parquet de Meaux a ouvert plusieurs enquêtes, dont une pour déterminer les causes exactes de la mort et une autre pour des faits de harcèlement scolaire ayant conduit au suicide, un délit passible de dix ans de prison. La justice devra notamment établir le rôle du contexte scolaire et des décisions prises au sein de l’établissement.

Dans un communiqué, le procureur a rappelé que les investigations ne font que commencer et a appelé à la retenue, évoquant la complexité du dossier et les tensions apparues depuis le décès de l’adolescente, notamment sur les réseaux sociaux et aux abords du lycée.

Ce drame relance une nouvelle fois la question du traitement du harcèlement scolaire et de la prise en charge des élèves en souffrance, un enjeu majeur de santé publique et de protection de la jeunesse.

Si vous ou un proche êtes en détresse, le numéro national de prévention du suicide, le 3114, est gratuit et accessible 24h/24.

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