Près de deux décennies après l’une des pires catastrophes aériennes touchant la Martinique, le dossier du vol 708 de la West Caribbean Airways revient dans le débat public. Dans un communiqué publié le 10 février 2026, le sénateur de Martinique Frédéric Buval interpelle le gouvernement sur l’accompagnement des familles et sur les garanties de sécurité aérienne.
Le 16 août 2005, un avion s’était écrasé au Venezuela, provoquant la mort de 160 personnes, dont une très large majorité de ressortissants martiniquais. Depuis, les proches des victimes dénoncent une absence de réponses complètes et un parcours judiciaire marqué par les non-lieux.
Selon le communiqué, l’Association des Victimes de la Catastrophe Aérienne poursuit son action pour obtenir une « vérité qui apaise ». Plusieurs défaillances sont évoquées dans l’enchaînement des causes possibles, notamment une surcharge de l’appareil, un givrage des moteurs et des erreurs de pilotage dans un cockpit sous tension. Autre point sensible, l’exploitation incomplète de la boîte noire, endommagée lors de l’accident.
Le texte souligne également que, malgré des rapports critiques sur la gestion et la maintenance de la compagnie aérienne concernée, aucune audience pénale n’a abouti à un procès. La responsabilité de l’État a par ailleurs été écartée par la juridiction administrative, accentuant le sentiment d’injustice exprimé par les familles.
Face à cette situation, leur dernier recours se situe désormais au niveau européen, avec une procédure engagée devant la Cour européenne des droits de l’homme. Le sénateur interroge explicitement le gouvernement sur deux axes, le soutien concret aux familles dans leur quête de vérité et les mesures empêchant qu’une compagnie jugée défaillante puisse à nouveau transporter des passagers dans des conditions contestées.
Ce nouvel appel institutionnel remet en lumière un dossier toujours sensible en Martinique, où la mémoire du drame reste vive et où les attentes en matière de transparence demeurent fortes.











