L’affaire prend sa source dans un dossier ouvert en 2024, après la disparition d’un homme finalement retrouvé mort plusieurs mois plus tard. En raison de l’état de décomposition avancé, ses restes sont conservés à la morgue du CHU.

Après une identification récente, la famille doit récupérer les ossements. Mais au moment de la restitution, le sac mortuaire censé contenir ces restes est introuvable.

Face à cette situation, un médecin a déposé plainte fin avril 2026, entraînant l’ouverture d’une enquête sous l’autorité du parquet de Fort-de-France.

Deux enquêtes distinctes au sein du même service

Les investigations ne se limitent pas à cette disparition. En parallèle, des anomalies ont été relevées concernant des scellés judiciaires conservés dans la morgue.

Ces éléments, essentiels dans certaines procédures pénales, auraient été déplacés ou soustraits, ce qui a conduit à l’ouverture d’une seconde enquête.

Les investigations ont été confiées à la police, chargée d’établir les faits et d’identifier d’éventuelles responsabilités.

Une morgue sous pression depuis plusieurs années

Cette affaire intervient dans un contexte déjà fragilisé pour le service mortuaire du CHU de Martinique.

Plusieurs difficultés sont régulièrement évoquées :

  • une forte hausse du nombre d’autopsies ces dernières années
  • un manque d’effectifs et de moyens matériels
  • une organisation sous tension face à l’augmentation des décès violents

Ces contraintes ont contribué à une saturation progressive du service, avec des conditions de travail jugées difficiles.

Une réorganisation récente remise en question

En mars 2026, une réorganisation du service funéraire avait été mise en place pour améliorer la gestion des corps et fluidifier les procédures.

Mais l’ouverture de ces enquêtes, quelques semaines plus tard, relance les interrogations sur l’efficacité des mesures prises et sur la sécurisation des procédures internes.

À ce stade, aucune mise en cause n’a été officiellement annoncée. L’enquête se poursuit.

Un enjeu sensible sur les plans judiciaire et humain

Au-delà des faits, cette affaire soulève des questions majeures :

  • le respect dû aux défunts
  • la fiabilité des procédures médico-légales
  • les conséquences possibles sur des dossiers judiciaires

Dans un territoire où le CHU constitue une structure centrale pour les autopsies, ces dysfonctionnements suscitent une attention particulière.

Les conclusions de l’enquête devront permettre de déterminer l’origine de ces faits et d’éventuelles responsabilités.

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