Le permis de conduire pourrait connaître une évolution importante d’ici la fin de l’année 2026. Un groupe de travail piloté par les autorités chargées de la sécurité routière examine actuellement la possibilité de revoir la notion de « faute éliminatoire » lors de l’épreuve pratique.
Aujourd’hui, certaines erreurs entraînent automatiquement un échec, même si la conduite globale du candidat est jugée satisfaisante. C’est notamment le cas du non-respect d’un panneau stop, d’un sens interdit ou encore du franchissement d’une ligne continue, indépendamment du contexte de circulation.
La réflexion engagée vise à modifier cette logique en s’appuyant davantage sur la notion de danger réel. Une erreur ne deviendrait éliminatoire que si elle provoque une situation dangereuse immédiate pour les autres usagers de la route.
Un système français jugé plus strict
Le modèle français est considéré comme plus exigeant que celui appliqué dans plusieurs pays européens. Depuis une réforme intervenue en 2010, la liste des fautes éliminatoires a été élargie, renforçant la sévérité de l’examen pratique.
Parmi les pistes actuellement étudiées :
supprimer certaines fautes éliminatoires automatiques,
évaluer davantage la conduite globale du candidat,
aligner l’examen sur la notion de mise en danger réelle,
prévoir éventuellement une formation complémentaire après la réussite à l’épreuve.
Dans certains cas envisagés, un stop mal marqué sans circulation ou une erreur de trajectoire sans conséquence directe ne suffiraient plus à entraîner un échec immédiat.Désengorger un examen sous pression
Cette réflexion répond aussi à une problématique structurelle. Le taux de réussite au permis B reste inférieur à 60 % depuis plusieurs années, et une grande partie des échecs serait liée à la présence d’au moins une faute éliminatoire.
Chaque échec implique une nouvelle présentation à l’examen, ce qui allonge les délais d’attente et augmente le coût pour les candidats. Dans un contexte marqué par un nombre limité d’inspecteurs et une forte demande, les pouvoirs publics cherchent des solutions pour fluidifier l’accès au permis.
Un débat déjà sensible
L’idée d’un assouplissement ne fait pas l’unanimité. Certains professionnels de la sécurité routière craignent une baisse du niveau d’exigence et un message contradictoire envoyé aux futurs conducteurs.
D’autres estiment au contraire que l’examen doit mesurer la capacité globale à conduire de manière responsable, plutôt que sanctionner une erreur isolée sans conséquence réelle.
Aucune décision définitive pour l’instant
À ce stade, aucune réforme n’a été officiellement adoptée. Les discussions se poursuivent et une éventuelle évolution ne pourrait entrer en vigueur qu’à l’horizon fin 2026.
Si elle se concrétise, cette réforme constituerait l’un des changements les plus importants du permis de conduire français depuis plus d’une décennie, en modifiant profondément l’évaluation des candidats lors de l’épreuve pratique.











