Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son délibéré ce jeudi 19 février dans l’affaire visant Serge Letchimy, président du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM). Jugé initialement pour détournement de fonds publics, l’élu a finalement été relaxé sur ce point par la juridiction.
Les juges ont estimé que Serge Letchimy n’avait pas occupé d’emploi fictif lors de son retour au sein des effectifs de la mairie de Fort-de-France en 2016. Selon le tribunal, il exerçait bien des fonctions réelles au moment des faits, écartant ainsi l’accusation principale portée contre lui.
Une requalification en concussion
Le tribunal a toutefois décidé de requalifier le chef d’inculpation en concussion. Cette infraction concerne le fait, pour une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, de percevoir ou d’ordonner la perception de sommes qu’elle sait ne pas être dues.
La justice a retenu cette qualification pour deux montants perçus par Serge Letchimy dans le cadre de son départ à la retraite. L’élu a ainsi été reconnu coupable et condamné à 18 mois de prison avec sursis, 150 000 euros d’amende ainsi qu’à cinq ans d’inéligibilité.
Au cœur du dossier : un départ à la retraite anticipé
L’affaire trouve son origine dans la situation administrative de Serge Letchimy après les élections régionales de 2015. Toujours député à l’époque, il avait réintégré au premier trimestre 2016 la municipalité de Fort-de-France en tant qu’ingénieur territorial, un poste qu’il avait occupé plusieurs années auparavant.
Quelques mois plus tard, il avait fait valoir un départ anticipé à la retraite, alors qu’il aurait pu y prétendre trois ans plus tard. Dans ce cadre, il avait perçu environ 34 000 euros de salaires et charges, 67 000 euros d’incitation financière au départ, ainsi que 97 000 euros de pensions de retraite, versées entre avril 2016 et mars 2019, soit un total proche de 198 000 euros.
Relaxes pour les autres prévenus
Trois autres responsables étaient poursuivis dans ce dossier : l’actuel maire de Fort-de-France Didier Laguerre, son premier adjoint Yvon Paquit et l’ancien directeur général des services de la commune, Max Bunod. Ils étaient soupçonnés d’avoir participé à un montage administratif destiné à favoriser les conditions de départ à la retraite de l’ancien député.
Le tribunal a finalement prononcé leur relaxe, ne suivant donc pas entièrement les réquisitions du Parquet national financier, qui avait demandé des peines de prison avec sursis et des sanctions d’inéligibilité à leur encontre.
Un jugement moins sévère que les réquisitions
Lors du procès, tenu en novembre 2025, le parquet avait requis deux ans de prison avec sursis, cinq ans d’inéligibilité et 150 000 euros d’amende contre Serge Letchimy. La peine finalement prononcée apparaît donc légèrement inférieure aux réquisitions sur la durée de l’emprisonnement.
Des voies de recours restent possibles. Un éventuel appel pourrait encore modifier l’issue judiciaire de cette affaire aux répercussions politiques importantes pour la Martinique.










