L’Institut d’émission des départements d’outre-mer a publié une étude fondée sur les données comptables 2023 des entreprises intervenant dans la chaîne de distribution alimentaire en Martinique. Objectif, mesurer les niveaux de marges et de rentabilité et les comparer avec ceux observés dans l’Hexagone et les autres territoires ultramarins.
Selon l’IEDOM, malgré un contexte marqué par la vie chère et des prix alimentaires sensiblement plus élevés qu’en France hexagonale, les marges des acteurs de la distribution ne présentent pas d’écart massif, sauf dans un maillon précis de la chaîne, la logistique.
Commerce de détail : marges équivalentes ou inférieures
Dans le commerce alimentaire de détail, l’étude indique que :
les grandes surfaces martiniquaises affichent des marges comparables à celles de l’Hexagone
les petits commerces et enseignes spécialisées présentent des marges plutôt inférieures
le poids des achats de marchandises dans le chiffre d’affaires est plus élevé localement
les charges salariales sont proportionnellement plus faibles, ce qui compense en partie ce surcoût
Conclusion de l’institut, la structure de rentabilité des distributeurs de détail en Martinique reste globalement alignée sur celle observée dans l’Hexagone.
Commerce de gros : un léger avantage de marge
Pour le commerce de gros alimentaire, l’IEDOM relève des marges légèrement supérieures en Martinique. Cette situation s’explique par :
des achats de marchandises plus coûteux
mais des dépenses d’approvisionnement (carburant, fournitures, emballages) relativement moins lourdes qu’en Hexagone
Ce différentiel permet de préserver un niveau de marge un peu plus élevé chez les grossistes martiniquais.

Logistique : valeur ajoutée plus forte, rentabilité similaire
Le secteur logistique se distingue nettement dans l’analyse. Les entreprises basées en Martinique y dégagent des taux de valeur ajoutée bien plus élevés que leurs homologues hexagonales.
Cependant, selon l’IEDOM :
ces gains sont absorbés par des dépenses de personnel plus importantes
le taux d’excédent brut d’exploitation reste finalement proche du niveau hexagonal
Autrement dit, la logistique contribue à la formation de coûts plus élevés, mais sans générer une rentabilité proportionnellement supérieure.











