La question des moyens de l’Éducation nationale en Martinique relance le débat politique. Dans un communiqué diffusé le 6 février 2026, le président du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique, Serge Letchimy, critique fermement les suppressions de postes d’enseignants prévues pour la prochaine rentrée scolaire.

Selon les données communiquées à l’issue d’un échange avec la rectrice de l’Académie de Martinique, la baisse des effectifs d’élèves s’accompagnerait d’une réduction importante des moyens humains. En un an, plus de 1 200 élèves en moins seraient recensés, avec en parallèle 71 postes d’enseignants supprimés.
Pour l’exécutif martiniquais, l’analyse purement démographique ne peut justifier à elle seule ces décisions. Serge Letchimy estime que cette approche traduit une vision budgétaire de court terme, déconnectée des réalités sociales et territoriales. Il considère que la diminution des moyens éducatifs risque d’accentuer les fragilités existantes et de peser durablement sur la qualité de l’encadrement scolaire.
Le communiqué insiste également sur la tendance de fond que connaît la Martinique, marquée par une baisse régulière de la population. Cette situation est présentée comme la conséquence d’un manque de stratégie nationale en matière d’attractivité, de politique familiale et de perspectives offertes à la jeunesse. Dans ce contexte, réduire les effectifs enseignants reviendrait, selon lui, à traiter les effets plutôt que les causes.
L’exécutif territorial alerte sur un risque de déclassement du service public d’éducation, avec des répercussions possibles sur les inégalités scolaires et la dynamique démographique. Il appelle à une révision de la méthode et à une politique éducative adaptée aux spécificités locales.
Serge Letchimy affirme enfin sa volonté de rester mobilisé sur ce dossier, au nom des élèves, des familles et des personnels éducatifs, et demande un changement d’orientation dans les arbitrages à venir.











