La mobilisation des lycéens martiniquais, marquée notamment par des blocages d’établissements et des tensions les 1er et 2 octobre derniers, connaît une nouvelle étape.
Dans une lettre datée du 6 octobre 2026, la rectrice de l’académie de Martinique, Cécile Boudesseul, revient sur la rencontre organisée le lundi 5 octobre avec des représentants des élèves et de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM).
Elle remercie les lycéens pour leur participation à un dialogue qu’elle qualifie de respectueux et constructif, tout en reconnaissant les difficultés exprimées.
La rectrice rappelle néanmoins trois priorités : garantir la sécurité des élèves et des personnels, poursuivre le dialogue et assurer la continuité des enseignements.
Son objectif affiché est de permettre un retour rapide à un fonctionnement normal des établissements, tout en apportant des réponses concrètes aux revendications.
Conditions d’accueil, enseignants absents et transports parmi les principales préoccupations
Le courrier reprend plusieurs difficultés soulevées par les représentants des lycéens lors des échanges.
Les conditions matérielles et sanitaires des établissements figurent parmi les préoccupations majeures. Les élèves dénoncent notamment la chaleur dans certaines salles de classe, l’état des bâtiments, les problèmes d’entretien et les questions de sécurité.
Le remplacement des professeurs absents constitue également un sujet important, tout comme les modalités d’application de l’interdiction du téléphone portable au lycée.
Les rythmes scolaires ont aussi été évoqués, particulièrement pour les élèves contraints d’effectuer de longs trajets en transports scolaires. Ces difficultés peuvent être accentuées par les temps d’attente pour accéder à la restauration scolaire.
Enfin, les lycéens demandent un meilleur accompagnement à l’orientation, notamment concernant Parcoursup, ainsi qu’une véritable prise en compte de leur parole dans les décisions qui concernent leur quotidien.
Plusieurs mesures annoncées avant le 20 octobre
Pour répondre à ces préoccupations, l’académie annonce un calendrier de travail avec plusieurs échéances rapprochées.
Dès le 8 octobre, un délégué académique à la vie collégienne et lycéenne doit être nommé. Il sera notamment chargé d’accompagner les établissements dans le suivi des engagements et la mise en œuvre des réponses apportées aux élèves.
Des groupes de travail associant des représentants des lycéens et des personnels de l’académie devront également être constitués avant le 20 octobre.
Ils aborderont trois grandes thématiques : l’organisation de la journée scolaire, l’orientation et Parcoursup, ainsi que la démocratie scolaire et la participation des élèves aux décisions.
L’académie prévoit également de renforcer les échanges au sein des établissements, avec l’appui des chefs d’établissement et des conseillers principaux d’éducation.
Chaque lycée devra élaborer un diagnostic de ses difficultés et définir un plan d’action adapté, en hiérarchisant les problèmes à traiter.
Des rencontres avec la CTM pour améliorer les établissements
Concernant les bâtiments scolaires, les équipements, la chaleur et les questions de sécurité, la rectrice prévoit un travail conjoint avec la Collectivité territoriale de Martinique.
Un calendrier de rencontres devra être organisé avant le 20 octobre dans les établissements, en lien avec les conseils de la vie lycéenne (CVL).
Ces échanges permettront de présenter aux élèves les travaux engagés ou programmés et de définir les priorités.
Deux rencontres de suivi doivent notamment être prévues au cours de l’année scolaire pour faire le point sur l’avancement des interventions.
Les problèmes pouvant être résolus directement par les établissements, notamment certaines questions d’entretien ou de signalétique, devront faire l’objet de réponses plus rapides.
Téléphones portables et professeurs absents, des ajustements annoncés
L’utilisation du téléphone portable au lycée fait également partie des sujets sur lesquels l’académie souhaite poursuivre les discussions.
Une concertation devra être menée dans chaque établissement durant l’année scolaire 2026-2027 afin de définir les modalités d’application de la mesure.
L’objectif est de permettre une validation des règlements intérieurs en fin d’année scolaire, avant une mise en œuvre à la rentrée 2027.
En parallèle, un travail d’harmonisation des modalités retenues dans les différents lycées doit être engagé avant le 20 octobre.
Concernant les enseignants absents, l’académie s’engage à élaborer, avant cette même date, un plan d’amélioration du remplacement.
Ce dispositif devra notamment permettre de réduire les délais de remplacement en mobilisant les ressources disponibles.
Une attention particulière sera portée aux classes à examens ainsi qu’aux établissements confrontés à plusieurs absences prolongées non remplacées.
Un calendrier de suivi prévu jusqu’en juillet 2027
Pour assurer le suivi des engagements, la rectrice annonce plusieurs rendez-vous avec les représentants des lycéens et de la CTM.
Le premier point d’étape devra intervenir avant le 20 octobre 2026, suivi d’une deuxième réunion avant le 18 décembre.
Trois autres rencontres sont programmées en 2027, avant le 15 mars, début mai et début juillet.
Par ailleurs, les lycéens sont invités à participer à une consultation nationale accessible jusqu’au 23 octobre 2026, afin de faire remonter leurs difficultés et leurs propositions d’amélioration.
Des engagements désormais attendus sur le terrain
Avec ce courrier, l’académie de Martinique entend apporter une première réponse structurée aux revendications exprimées lors des mobilisations.
Si plusieurs échéances sont désormais fixées, les mesures annoncées reposent encore, pour une large part, sur des concertations, des diagnostics et l’élaboration de plans d’action.
Leur mise en œuvre effective sera donc déterminante pour répondre aux attentes des lycéens, notamment sur les conditions d’accueil, les équipements et la continuité des enseignements.
Dans son courrier, la rectrice insiste sur la nécessité de poursuivre le dialogue et de construire collectivement des solutions.
Reste désormais à savoir si ces engagements permettront d’apaiser les tensions et de répondre durablement aux difficultés rencontrées dans les établissements scolaires de Martinique.

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