Le secteur du dépannage automobile martiniquais traverse une période de fortes tensions économiques. Face à l’augmentation des dépenses de fonctionnement et à une rémunération jugée insuffisante, plusieurs professionnels ont décidé de faire entendre leur mécontentement ce jeudi 15 octobre 2026.
Cette mobilisation, organisée par l’Association des Dépanneurs et Remorqueurs de Martinique (ADRM), doit rassembler au moins 28 véhicules de dépannage en direction de la préfecture.
Des charges en augmentation qui fragilisent les entreprises
Les professionnels dénoncent une situation financière de plus en plus difficile. Entre la hausse des prix du carburant, les assurances, l’entretien des équipements, le matériel spécialisé et les dépenses liées au personnel, les coûts d’exploitation ne cessent de peser sur les entreprises.
Selon les premières estimations professionnelles avancées par l’association, ces charges auraient augmenté d’environ 32 % au-dessus de ceux de la métropole. Des études sont actuellement menées pour évaluer plus précisément les écarts.
À ces difficultés s’ajoutent les contraintes propres à l’insularité. L’importation des pièces détachées, les frais de transport et les délais d’approvisionnement peuvent immobiliser certains véhicules et ralentir l’activité des entreprises.
L’ADRM souligne également que les dépanneurs doivent investir dans des équipements toujours plus spécialisés pour intervenir sur les véhicules électriques et hybrides, dont la présence augmente sur les routes martiniquaises.

Plusieurs revendications adressées aux pouvoirs publics
À travers cette mobilisation, les professionnels souhaitent obtenir des réponses concrètes sur plusieurs points.
Ils réclament notamment un dispositif de soutien face au coût du carburant professionnel, une meilleure prise en compte des spécificités du dépannage-remorquage dans les aides de l’État, ainsi que l’ouverture de discussions avec la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) sur les possibilités d’allègement ou d’exonération de certaines charges.
L’association demande également que les coûts réels d’exploitation soient intégrés dans les réflexions sur la rémunération des interventions.
Pour les professionnels, les tarifs actuellement pratiqués ne permettraient plus de compenser suffisamment l’augmentation des dépenses nécessaires au fonctionnement de leurs entreprises.
Des emplois et la continuité du service en jeu
Au-delà des difficultés financières, l’ADRM insiste sur les conséquences que pourrait avoir une dégradation durable de la situation.
Les entreprises de dépannage et de remorquage jouent un rôle essentiel dans la prise en charge des véhicules immobilisés, notamment à la suite d’accidents ou de pannes sur les routes de Martinique.
Le secteur représente également des emplois directs et indirects, dont la pérennité pourrait être fragilisée si aucune solution n’est trouvée.
L’association rappelle que ses revendications visent aussi à préserver la qualité des interventions et la sécurité des automobilistes.
Un dialogue demandé avec les autorités
À l’occasion de cette journée de mobilisation, l’ADRM souhaite obtenir l’ouverture d’un dialogue avec les pouvoirs publics, accompagné d’engagements concrets et d’un calendrier de travail.
Son président, Nicolas Bragance, appelle notamment à une meilleure reconnaissance des contraintes économiques et opérationnelles rencontrées par les entreprises martiniquaises.
Les professionnels espèrent ainsi que cette mobilisation permettra de faire avancer leurs revendications et d’obtenir des mesures pour assurer la pérennité de leur activité.
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