Le dialogue semble désormais rompu entre le RPPRAC et les principaux responsables institutionnels de Martinique. Dans une lettre ouverte signée par son président, Rodrigue Petitot, le mouvement dénonce l’absence de résultats concrets après deux années de réunions, de négociations et d’engagements qu’il estime insuffisamment respectés.
Pour le collectif, les discussions menées jusqu’à présent n’ont pas permis d’apporter les réponses attendues aux difficultés rencontrées par la population martiniquaise.
Le RPPRAC reproche notamment aux représentants locaux de l’État de ne pas disposer d’une marge de décision suffisante pour répondre aux revendications.
Selon le mouvement, les dossiers les plus importants sont régulièrement renvoyés vers les ministères parisiens, notamment Bercy, ce qui contribue à prolonger les négociations sans avancées jugées satisfaisantes.
Le collectif affirme ainsi ne plus vouloir participer à des échanges avec des interlocuteurs qui ne disposent pas du pouvoir de décision nécessaire.
Le fonctionnement de la CTM également mis en cause
Au-delà des relations avec les services de l’État, le RPPRAC adresse de vives critiques à la Collectivité territoriale de Martinique.

Dans son courrier, le mouvement dénonce ce qu’il considère comme une situation financière et organisationnelle préoccupante au sein de la CTM, dont les conséquences se répercuteraient directement sur le quotidien des Martiniquais.
Plusieurs difficultés sont mises en avant, particulièrement dans les secteurs de l’éducation et des transports.
Le collectif évoque notamment les problèmes récurrents de transport scolaire, les conditions d’accueil dans certains établissements, les difficultés de climatisation, l’état des sanitaires ou encore le manque de fournitures élémentaires.
Les perturbations du réseau de transport martiniquais figurent également parmi les principales préoccupations soulevées.
Pour le RPPRAC, ces dysfonctionnements ne peuvent plus être considérés comme de simples incidents isolés. Le mouvement estime qu’ils traduisent des difficultés structurelles qui affectent les élèves, les familles, les salariés et les entreprises.
Ces accusations constituent la position exprimée par le collectif dans sa lettre ouverte.
Deux conditions posées avant toute reprise des négociations
C’est le point central de cette nouvelle prise de position.
Le RPPRAC annonce qu’il ne reprendra plus les discussions avec les interlocuteurs institutionnels locaux concernés tant que deux exigences ne seront pas satisfaites :
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Le départ du préfet de Martinique.
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La démission du président du Conseil exécutif de la CTM.
Le mouvement présente ces demandes comme des conditions non négociables à la reprise du dialogue local.
Il considère que les méthodes de concertation utilisées jusqu’à présent ont montré leurs limites et refuse désormais de participer à des réunions qu’il juge improductives.
Cette position marque un durcissement de la stratégie du RPPRAC, qui conditionne désormais toute nouvelle discussion locale à des changements à la tête des institutions concernées.
Le RPPRAC souhaite désormais négocier directement avec le gouvernement
Malgré cette rupture annoncée avec les responsables locaux, le mouvement ne ferme pas totalement la porte aux négociations.
Le RPPRAC se dit prêt à engager un dialogue direct avec les plus hautes autorités de l’État ou avec un représentant du gouvernement disposant d’un véritable mandat de décision et de négociation.
Le collectif souhaite notamment obtenir des engagements précis concernant les responsabilités de chacun, les financements nécessaires, les modalités d’exécution et les mécanismes de contrôle.
L’objectif affiché est de sortir des discussions institutionnelles sans résultats pour obtenir des décisions concrètes et applicables.
Une nouvelle étape dans les tensions institutionnelles en Martinique
Cette lettre ouverte intervient dans un contexte de tensions persistantes autour du coût de la vie, des services publics et du fonctionnement des institutions en Martinique.
En interpellant directement l’exécutif national, le RPPRAC cherche désormais à déplacer les négociations au plus haut niveau de l’État.
La demande de départ du préfet et celle de démission du président du Conseil exécutif de la CTM constituent une nouvelle étape dans le bras de fer engagé par le mouvement.
Reste à savoir quelle réponse sera apportée par les autorités nationales et locales à ces exigences.
À ce stade, la lettre du 16 octobre expose les conditions fixées par le RPPRAC, sans faire état d’une réponse officielle des responsables concernés.
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