La procédure judiciaire liée au scandale du chlordécone connaît un nouveau report. Alors qu’une décision était attendue prochainement, les magistrats de la cour d’appel de Paris ont choisi de différer leur délibéré. La réponse concernant l’appel formé contre le non-lieu sera désormais rendue le 22 juin 2026.
Cette étape est déterminante : la justice devra décider soit de confirmer la fin des poursuites, soit d’ordonner la poursuite des investigations. Pour les plaignants, ce rendez-vous représente un moment clé dans une affaire devenue hautement symbolique aux Antilles.
Un non-lieu toujours contesté
En 2023, les juges d’instruction avaient estimé qu’il n’était pas possible d’engager des poursuites pénales, mettant fin à une enquête ouverte depuis de nombreuses années. Cette décision avait suscité une forte incompréhension parmi les parties civiles, qui dénoncent l’absence de réponses judiciaires face aux conséquences sanitaires et environnementales reconnues.
Les avocats des victimes considèrent que certains éléments méritent encore d’être examinés et contestent notamment l’analyse juridique ayant conduit à l’abandon des poursuites. L’appel vise précisément à réévaluer ces conclusions.
Un dossier au cœur des enjeux sanitaires aux Antilles
Le chlordécone, pesticide utilisé pendant plusieurs décennies dans les plantations de bananes, a laissé une pollution durable des sols et des milieux naturels en Martinique et en Guadeloupe. Ses effets continuent d’alimenter les inquiétudes sanitaires et les débats publics.
Au fil des années, l’affaire s’est imposée comme un symbole des relations entre santé publique, environnement et responsabilité institutionnelle. Pour de nombreuses familles et associations, la décision attendue en juin prochain dépasse le cadre strictement judiciaire et revêt une dimension mémorielle et politique.
Le 22 juin pourrait ainsi marquer une étape décisive, qu’il s’agisse d’une relance judiciaire ou d’une confirmation définitive du non-lieu.











