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Un producteur de musique martiniquais tabassé à Paris, 4 policiers placés en garde à vue et accusés d’avoir menti

Michel Zecler, un producteur de musique Martiniquais a été tabassé à Paris samedi dernier par des policiers. Ces derniers ont été suspendus et placé en garde à vue. Le ministre de l'intérieur, Gérald Darmanin demande leur révocation.

Dans une vidéo édifiante, diffusée sur les réseaux sociaux, on y voit un homme se faire tabasser par des policiers dans l’entrée d’un studio de musique du 17ème arrondissement de Paris. Les faits se sont déroulés samedi dernier. Cette homme, roué de coups se nomme Michel Zecler, producteur de musique Martiniquais. Dans cette vidéo de près de 10 minutes, on voit un producteur noir se faire rouer de coups par des policiers.

Selon leur procès-verbal consulté, les policiers ont tenté d’interpeller Michel Zecler pour défaut de port du masque. « Alors que nous tentons de l’intercepter, il nous entraîne de force dans le bâtiment », écrivent-ils. Sauf que sur les images de vidéosurveillance de ce studio, également consultées par l’AFP, on voit les trois fonctionnaires de police entrer dans le studio en agrippant l’homme puis le frapper à coups de poing, de pied ou de matraque.
Dans leur rapport, les policiers ont écrit à plusieurs reprises que l’homme les avait frappés. Selon ces mêmes images, Michel Zecler résiste en refusant de se laisser embarquer, puis tente de se protéger le visage et le corps. Sauf que, encore une fois contrairement à la version des forces de l’ordre, le producteur ne semble pas porter de coups. La scène de lutte dure cinq minutes. Selon lui, les policiers l’ont traité à de nombreuses reprises de « sale nègre ».

Le producteur assure avoir été traité de « sale nègre »

Michel Zecler a également fait état d’insultes racistes. « On m’a dit ‘sale nègre’ plusieurs fois et en me donnant des coups de poing », a dénoncé la victime en venant porter plainte, avec son avocate, au siège parisien de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). « Je voudrais juste que le travail (de l’IGPN, ndlr) soit fait », a-t-il dit au sortir de sa déposition. « Je n’ai aucun doute là-dessus », a-t-il ajouté.
« J’aimerais que ça ne recommence plus pour personne. Caméra ou pas caméra, ça ne devrait pas arriver. » 

Des policiers suspendus et en garde à vue

Les policiers sont aujourd’hui suspendus. Ils ont été placés en garde à vue et une enquête a été ouverte par la police des polices. Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a demandé leur révocation. Ces policiers n’ont donc pas seulement été violents sans raison, ils sont aussi soupçonné d’avoir menti. D’où les poursuites pour faux en écriture publique.

Un crime passible d’une cour d’assise

« Faux en écriture publique », c’est un crime quand il est commis par un policier. C’est même passible d’une cour d’assises. En revanche, dans ce PV, il est fait mention de la grenade lacrymogène lancée dans le hall par un policier non identifié, qui l’a été depuis. Un geste qui n’est pas formellement interdit mais très fortement déconseillé en intervention.
Ce quatrième policier est lui aussi suspendu, à titre conservatoire. Si la vidéo n’avait pas été tournée et diffusée, Michel Zecler, aurait sûrement été jugé en comparution immédiate pour voie de fait sur des policiers. Il a tout de même passé 48 heures au commissariat. Ce qui veut dire que sa garde à vue a été prolongée par un Magistrat du Parquet, puisque toute prolongation de garde à vue doit être validée par un magistrat. En l’occurrence, le procureur, qui doit se faire présenter le suspect, physiquement ou par visioconférence.

Source
Europe 1

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