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« Faire tomber une statue n’effacera ni l’histoire de notre peuple, ni l’humanisme de Victor Schœlcher »

Le maire de Fort-de-France condamne avec la plus grande fermeté la destruction des statues de Victor Schœlcher, ce vendredi 22 mai 2020.

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Ce vendredi après-midi (22 mai 2020), les statues de Victor Schœlcher présentes devant l’espace Camille Darsière et à Schoelcher ont été détruites par plusieurs personnes à coup de masse. Suite à ça, le maire de Fort-de-France, Didier Laguerre condamne avec la plus grande fermeté les actes de destruction brutale des deux statues de Victor Schoelcher.

« Faire tomber une statue n’effacera ni l’histoire de notre peuple, ni l’humanisme de Victor Schoelcher et sa lutte acharnée pour la liberté et les droits humains. Le nom de Victor Schoelcher reste associé aux grandes transformations sociales et politiques de son siècle, et son engagement le plus connu demeurera son combat pour l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises en 1848. C’est en tant que membre de la commission pour l’abolition de l’esclavage qu’il a fait adopter le décret du 27 avril 1848. La statue située sur la Place Légitime Défense à Fort-de-France symbolisant Victor Schoelcher a été érigée à la demande des martiniquais. Elle doit nous inciter, à l’instar d’Aimé Césaire à ne pas céder à la tentation de réécrire l’histoire » indique Didier Laguerre dans un communiqué de presse.

Serge Letchimy a aussi réagi.« À propos de la destruction des statues de Schœlcher. La destruction des statues de Victor Schœlcher à Fort-de-France et à Schœlcher, sont des actes de vandalisme qui portent atteinte au travail de l’homme dont on ne peut nier le rôle et la contribution dans l’abolition de l’esclavage en 1848, même si cette abolition est aussi l’aboutissement de deux siècles de luttes pour la liberté, et de révoltes écrasées, d’hommes et de femmes mis en esclavage, mais également le combat d’acteurs de tous bords, en marche de l’Histoire … Cet acte est condamnable par le trouble qu’il crée et la confusion qu’il entraîne alors que Victor Schœlcher a, par son œuvre tout au long de sa vie, été de tous les combats humanistes, et pas seulement dans sa lutte pour l’abolition de l’esclavage, mais aussi pour l’abolition de la peine de mort, l’amélioration des conditions de détention des prisonniers politiques, l’affirmation du droit des femmes et des enfants, la création de l’enseignement public, laïque et obligatoire, tout en dénonçant le cléricalisme dominant….Voilà pourquoi tout acte révisionniste ou négationniste est condamnable dans ses excès, notamment à l’encontre de Victor Schœlcher, député puis sénateur de la Martinique, qui sera quasiment de toutes les luttes des Républicains jusqu’à sa mort. »

Que dit la loi ?

Article 322-3-1 du code pénal  : la destruction, la dégradation ou la détérioration est punie de sept ans d’emprisonnement et de 100 000 € d’amende lorsqu’elle porte sur :

  • Un immeuble ou objet mobilier classé ou inscrit en application des dispositions du code du patrimoine ou un document d’archives privées classé en application des dispositions du même code ;

Les peines sont portées à dix ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende lorsque l’infraction prévue au présent article est commise avec la circonstance prévue au 1° de l’article 322-3. C’est-à-dire Lorsqu’elle est commise par plusieurs personnes agissant en qualité d’auteur ou de complice.

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