La polémique enfle autour de l’abattoir public du Lamentin. L’association L214 a rendu publique une enquête accablante sur les conditions d’abattage de bovins et de veaux en Martinique, images à l’appui. Les faits dénoncés concernent des manquements graves aux règles encadrant la mise à mort des animaux.
Selon l’association, plusieurs infractions auraient été observées, notamment l’utilisation abusive de l’aiguillon électrique, une contention insuffisante des animaux lors de l’étourdissement, mais aussi des cas particulièrement choquants : des bovins saignés alors qu’ils seraient encore conscients, et certains découpés alors qu’ils présentent encore des signes de vie.
Des défaillances structurelles et opérationnelles
L’un des principaux points soulevés concerne le box de contention, censé immobiliser les animaux lors de l’étourdissement. Jugé inadapté, il ne permettrait pas d’assurer une perte de conscience efficace avant la saignée.
Des images montrent également des veaux placés à plusieurs dans ce dispositif, une pratique strictement interdite. La réglementation impose en effet un étourdissement individuel afin de limiter la souffrance animale.
Autre élément pointé du doigt : l’usage répété et non conforme de l’aiguillon électrique, parfois appliqué sur des zones interdites ou sans justification.
Des animaux encore en vie au moment de la découpe
L214 affirme que certains animaux bougent encore lors de leur passage à la chaîne de découpe, ce qui signifie qu’ils n’auraient pas été correctement mis à mort en amont. Pour l’association, ces pratiques traduisent un dysfonctionnement global de la chaîne d’abattage.
Face à ces éléments, L214 a décidé de porter plainte et demande la fermeture immédiate de l’établissement. Elle réclame également un moratoire sur les abattoirs, le temps de réaliser un audit complet des infrastructures.
La CTM annonce une enquête et promet des mesures
Dans un communiqué publié le 25 mars 2026, la Collectivité Territoriale de Martinique indique avoir pris connaissance des faits révélés et annonce l’ouverture immédiate d’une analyse approfondie.
Les autorités précisent que les faits décrits, s’ils sont confirmés, seraient incompatibles avec les normes en vigueur et nécessitent des réponses rapides et rigoureuses.
La CTM rappelle également que le contrôle sanitaire des abattoirs relève des services de l’État, tout en assurant agir en coordination avec les autorités compétentes. Elle promet que toute la lumière sera faite dans les meilleurs délais et que des mesures seront prises en toute transparence si des manquements sont établis.










