La situation d’Air Antilles continue de se dégrader. La compagnie aérienne régionale, qui assure des liaisons essentielles entre les îles françaises de la Caraïbe, a officiellement déposé une demande de redressement judiciaire auprès du tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. En cause, de lourdes difficultés financières et l’impossibilité de mobiliser de nouveaux capitaux pour poursuivre l’activité.
Président de la collectivité de Saint-Martin et également président d’Air Antilles, Louis Mussington a confirmé la démarche, évoquant une situation critique. Selon lui, il reviendra désormais au tribunal de décider si la compagnie peut être remise à flot ou si une liquidation judiciaire doit être prononcée.
Si aucune communication officielle n’a encore été faite par la juridiction, plusieurs sources judiciaires indiquent qu’une audience est programmée à Pointe-à-Pitre ce jeudi 22 janvier 2026. Cette échéance pourrait sceller l’avenir de la compagnie.

Les salariés ont été informés dès le lundi 19 janvier par courrier. Dans cette lettre, le dirigeant ne cache pas la gravité de la situation. « La caisse est vide », y écrit-il, précisant que l’entreprise n’est plus en mesure d’honorer ses charges courantes. Une déclaration de cessation de paiements a également été effectuée.
Ces difficultés financières s’inscrivent dans un contexte déjà fragilisé par des problèmes opérationnels majeurs. Depuis le 8 décembre, les appareils d’Air Antilles sont immobilisés au sol à la suite d’une décision des autorités de l’aviation civile. La Direction générale de l’aviation civile avait alors estimé que la compagnie n’était plus en capacité de garantir la sécurité des passagers et des personnels, à l’issue d’un audit conduit entre les 2 et 4 décembre.
Des « défaillances très significatives » avaient été relevées en matière de sécurité, des conclusions contestées par Air Antilles. Depuis cette suspension, la compagnie indique avoir transmis un plan d’actions correctives à la DGAC, dans l’espoir d’obtenir une levée de l’interdiction de vol.
Entre incertitudes financières et contraintes réglementaires, l’avenir d’Air Antilles reste suspendu à la décision du tribunal, dans un contexte particulièrement préoccupant pour la desserte aérienne régionale.










