L’année 2026 débute sous surveillance dans la Caraïbe. Dans son dernier bulletin saisonnier, l’Institut Caribéen de Météorologie et d’Hydrologie (CIMH) confirme un déficit pluviométrique significatif pour le premier trimestre, touchant une large partie de l’arc antillais.
Si la période du Carême est traditionnellement synonyme de baisse des précipitations, la transition vers la saison sèche s’opère cette année de manière plus rapide et plus marquée que la normale. Une situation qui fait craindre une sécheresse précoce et durable.
Un déficit de pluie confirmé sur plusieurs territoires
Selon le CIMH, les cumuls de pluie enregistrés et projetés entre janvier et mars 2026 restent inférieurs aux normales saisonnières. Cette baisse affecte directement la recharge des nappes phréatiques, des rivières et des retenues collinaires, essentielles à l’alimentation en eau potable.
La diminution des épisodes pluvieux, appelés wet spells, limite les phases de récupération hydrique, aggravant le stress sur les ressources disponibles.
Les zones les plus exposées à la sécheresse
La vigilance concerne en priorité plusieurs zones stratégiques de la Caraïbe et du nord de l’Amérique du Sud, notamment :
- les Petites Antilles, dont la Martinique et la Guadeloupe,
- les îles du Vent (Windward Islands),
- les îles ABC, Aruba, Bonaire et Curaçao,
- le Guyana et le Suriname, où la raréfaction des pluies accélère la baisse des réserves en eau.
Ces territoires pourraient connaître des restrictions dès le mois de février si la situation ne s’améliore pas.
Martinique, une ressource déjà sous tension et des perturbations localisées
En Martinique, la baisse progressive de la ressource en eau commence à produire des effets concrets sur le réseau de distribution. Dans un communiqué daté du 14 janvier 2026, ODYSSI confirme une diminution du niveau de production sur l’usine de Didier, directement liée au déficit pluviométrique observé depuis plusieurs semaines.
Cette situation entraîne des perturbations, voire des coupures ponctuelles, dans certains secteurs de la commune de Schoelcher. Les zones situées en points hauts sont particulièrement concernées, en raison d’un temps de recharge du réseau plus long.
Afin de sécuriser l’alimentation en eau potable et de limiter l’impact sur les abonnés, l’opérateur a activé l’ensemble des leviers disponibles, notamment le transfert d’eau depuis l’unité de production de Durand, une gestion optimisée des volumes sur le réseau, l’adaptation des niveaux de remplissage des réservoirs et la mise en service de forages.
ODYSSI précise qu’une phase de recharge du réseau est actuellement indispensable pour garantir un fonctionnement stable et durable de la distribution. Le retour à la normale est annoncé de manière progressive, avec une amélioration attendue en fin de journée du mercredi 14 janvier 2026, sous réserve de l’évolution de la situation et de l’absence d’incident technique.
Les secteurs impactés sont alimentés par plusieurs réservoirs, notamment Lacroix, Cabre, Démarche Bas et La Colline. En parallèle, l’opérateur rappelle que des travaux de redimensionnement du réseau sont déjà engagés afin d’améliorer durablement la résilience des infrastructures et de permettre, à l’avenir, un retour plus rapide à la normale en cas de tension sur la ressource.
À ce stade, aucune alerte préfectorale maximale n’est déclenchée. Toutefois, cette situation confirme la fragilité persistante du système face aux épisodes de sécheresse précoce, dans un contexte climatique de plus en plus contraignant.
Les recommandations des autorités
Face à l’épuisement précoce des nappes phréatiques et des cours d’eau, les autorités appellent à une mobilisation collective. Plusieurs gestes simples peuvent limiter la pression sur le réseau :
- éviter le lavage des voitures et des terrasses à l’eau potable,
- réduire l’arrosage des jardins, en privilégiant le soir ou tôt le matin,
- signaler rapidement toute fuite sur le réseau public.











